Concilier génétique, environnement et marchés

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Jacky Michard de la société Hubbard explique le travail des sélectionneurs en aviculture qui doivent proposer les solutions génétiques les plus compétitives pour chaque type d’environnement.

« Cette journée porte sur les interactions entre génétique et conditions d’élevage et leurs conséquences sur les performances en élevage avicole », a introduit Pierre-André Geraert, président de WPSA France lors des « jeudis de la WPSA » à Rennes le 27 mars.

Une génétique qui s’adapte à l’environnement

Jacky Michard, manager technique et nutritionniste chez Hubbard a expliqué concrètement  les axes de recherche et développement portant sur la problématique d’adaptation des poulets et pondeuses à des environnements variables. « On n’est pas simplement des sélectionneurs, on commercialise nos produits. On est confronté aux clients et à leurs différents problèmes tous les jours. Prenons l’exemple de l’amélioration génétique avec pour objectif une bonne adaptation à la chaleur. C’est complexe pour nous car tous les clients n’ont pas des problèmes liés à la chaleur toute l’année. On ne peut pas faire une collection printemps/été et une autre automne/hiver. »

Les sélectionneurs doivent composer avec des environnements très variables d’un pays à l’autre : climat, équipements et techniques d’élevage, alimentation, sanitaire, réglementation… « La production d’œufs se fait dans des environnements très différents avec divers systèmes de production. Le marché européen en est le parfait exemple avec des gros changements ces dernières années comme l’évolution des cages passées de 450 cm2/ poule à 750 cm2/poule. On peut citer le développement des systèmes au sol, volière, plein-air. Les bâtiments fermés en Europe sont très souvent ouverts dans les autres parties du monde », explique Jacky Michard. Et de poursuivre : « Nous devons mettre en relation le potentiel génétique avec les effets de l’environnement (nutrition, sanitaire, bâtiments et les autres individus). Les animaux doivent être sélectionnés dans un environnement précis dans lequel on souhaite qu’ils s’expriment le mieux. Ce n’est pas simplement un potentiel génétique, mais aussi la capacité d’adaptation d’un individu dans un environnement spécifique. »

Répondre aux demandes de chacun

En volaille de chair, les filières des principaux continents producteurs ont des exigences particulières selon les conditions d’élevage et les différents débouchés. Jacky Michard décrypte : « Le marché brésilien demande un poulet de chair excellent transformateur (croissance, IC) pouvant être utilisé sur une large gamme de poids.  Il faut de la performance avec un poulet vif lourd et à moindre coût. » Pour l’Asie, il faut un poulet qui s’adapte à des conditions très variées d’élevage, de climat… L’animal doit avoir une croissance rapide et une capacité à conserver son appétit et donc ses qualités de croissance rapide, même avec des aliments à faible densité. Le marché européen demande des volailles à croissance différenciée, avec des poids vifs allant de 1,5 kg à 2,3 kg pour un âge mini de 48 à 56 jours. Il faut veiller au respect d’objectifs qualitatifs (faible mortalité…), d’un cahier des charges spécifique. Tout cela en recherchant une optimisation du coût du vif. « Il n’existe pas de solution unique capable de performances optimales dans tous les contextes rencontrés. Il n’est pas possible de proposer un grand nombre de solutions génétiques (coût de recherche et développement, production, planning,…). Nous recherchons continuellement un compromis coût/segmentation le plus large possible », conclut Jacky Michard. Nicolas Goualan


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