La pousse mesurée du 22 au 28 septembre est en moyenne de 6 kg MS/ha/jour. Les pluies du week-end dernier sont tombées de manière inégale. D’une manière générale, la pousse de l’herbe est à l’arrêt. Du jamais vu sur une période aussi longue.
La situation fourragère se complique encore…
Les semaines se suivent et se ressemblent… L’absence totale de pluie dans de nombreux secteurs depuis quelques semaines a définitivement condamné la pousse de l’herbe. Dans ces zones, la réalisation d’un bilan fourrager est primordiale. Plusieurs leviers sont d’ores et déjà à mettre en œuvre suivant votre système de production (alimentation des génisses en ration sèche, réformes anticipées, implantation de méteils à l’automne…). Là où la pluie a été suffisante cette semaine, l’espoir de pouvoir disposer de fourrages à pâturer ou à faucher dans les semaines à venir demeure. Mais quoi qu’il en soit à présent, la saison avançant, l’herbe pâturée tardera à revenir en quantité suffisante dans les rations. Il faudra cependant être opportuniste, en valorisant le moindre fourrage disponible.
Pierre Bescou et Romain Rétif
En bref
• Surveillez vos derniers semis de prairies lorsqu’ils auront levé : cela permettra de repérer des problèmes liés aux conditions de semis ou à d’éventuelles attaques de limaces ;
• Sur les questions fourragères, n’hésitez pas à vous faire accompagner individuellement par les conseillers de vos secteurs.
« Poursuivre le pâturage »
Opinion – Styven – Système herbager en AB à Rumengol (29)
Malgré une trentaine de millimètres de pluie en septembre, l’herbe pâturée ne représente qu’une moitié de la ration des 69 laitières. Nous complémentons à l’auge avec de l’enrubanné à hauteur d’une botte et demie à deux bottes par jour. Le colza fourrager qui avait été pâturé en juillet-août a quelque peu repoussé, et nous permet d’offrir encore un peu plus de fourrage pâturable aux vaches. En complément, elles pâturent 9 ha d’herbe initialement prévue en fauche cet automne. Cela nous permet d’allonger les temps de retour à 50 jours environ. Notre stock est pour l’instant confortable, avec 250 enrubannées et 360 rounds de foin. La réponse en lait est stable, avec une livraison quotidienne de 13,5 à 14 L/vache/jour à 50/39. Nous allons semer 3 ha de nouvelle pâture après le colza fourrager, sous couvert d’avoine. Avec des profondeurs de terre plutôt faibles, nous préférons cette stratégie au semis de printemps que l’on juge plus aléatoire. Nos grandes génisses sont toujours dans les prairies humides, avec un round de foin à disposition en fin de paddock, pour allonger les temps de présence. Récemment, nous avons rallongé le réseau d’eau et aménagé un chemin, pour gagner en surface pâturable et renforcer notre stratégie alimentaire.
Zoom sur : La fumure de fond des prairies à l’automne
Les épandages de fumiers compostés ou d’amendements calcaires sur prairies sont à prévoir dès à présent pour éviter de dégrader les sols des prairies les moins portantes l’hiver prochain. Amendez en priorité les prairies de fauche qui exportent sans profiter des restitutions des animaux. Un apport de fumier de 10 à 15 tonnes/ha est indispensable tous les ans afin de couvrir les exportations en P et K et de conserver un bon taux de matière organique dans le sol pour ralentir au maximum le vieillissement de la pâture. Le fumier limite également l’acidification naturelle et permet de réduire l’apport de calcaire. L’outil indispensable à associer à la fumure de fond reste l’analyse de sol. Avec un pH proche de 6,5, la productivité des sols est optimale grâce à une activité organique stimulée et une bonne disponibilité des éléments nutritifs. Suivant la situation, un chaulage d’entretien est conseillé, en utilisant des produits à diffusion lente tel le sable calcaire ou le maërl si disponible.

