Dossier technique

À Plouzané, une jeunesse rurale loin des clichés

Passionné par le monde agricole, Baptiste Richard refuse pourtant de vivre uniquement entre agriculteurs. Amis venus d'horizons variés, voyages, sorties... Pour lui, grandir en milieu rural ne signifie pas vivre en vase clos.

Un jeune agriculteur dans un champ de céréales - Illustration À Plouzané, une jeunesse rurale loin des clichés
Baptiste Richard.

Baptiste Richard est né en 2002 à la clinique de Saint-Renan et a presque toujours vécu à Plouzané. Une commune particulière, à la frontière entre campagne et ville. « Ici, ce n’est pas un territoire uniquement agricole », explique le jeune homme de 24 ans. « C’est une ville dortoir qui emploie beaucoup de gens dans le tertiaire. » À l’école, ils n’étaient d’ailleurs que deux fils d’agriculteurs dans sa classe. Pourtant, de son côté, le doute n’a jamais vraiment existé. « C’était une évidence pour moi de travailler sur la ferme. C’est mon héritage familial. » Après l’école, le collège et le lycée à Plouzané, Baptiste poursuit un BTS Acse à Caulnes, puis une licence professionnelle en apprentissage à Pontivy. Aujourd’hui salarié sur l’exploitation de son père — 125 hectares, dont 60 consacrés à la production de plants de pomme de terre — il voit son avenir ici.

Voir autre chose que son propre milieu

Même attaché à son territoire, Baptiste Richard cherche à s’ouvrir à d’autres horizons. « Pendant ma licence, j’ai rencontré des gens de toute la France, avec des systèmes agricoles très différents », se souvient-il. « Je me rappelle notamment de gars de l’Aveyron, des montagnards, qui avaient des aides à l’installation bien supérieures aux nôtres. » Son apprentissage, réalisé dans une exploitation laitière et de pommes de terre à Guipavas, chez Dominique Morvan, lui apporte aussi beaucoup. « Ça a été deux années très formatrices. »

« C’est important pour moi de garder une ouverture d’esprit »

Mais cette ouverture, Baptiste la recherche aussi en dehors du travail. Le jeune agriculteur tient à conserver un cercle d’amis varié. Parmi ses proches, peu travaillent dans l’agriculture : un militaire, des artisans, des salariés dans le football ou dans un bureau d’études. « C’est important pour moi de garder une ouverture d’esprit en côtoyant des gens extérieurs au monde agricole. » Entre 13 et 17 ans, il pratique également intensivement le vélo sur route, en VTT et sur piste, dans le but « d’avoir une activité à l’extérieur. »

Sortir de sa zone de confort

Baptiste Richard fait partie des Jeunes Agriculteurs du canton de Saint-Renan, et est également administrateur au niveau départemental. Pourtant, il refuse que le syndicat prenne toute la place dans sa vie sociale. « Les réunions peuvent être chronophages et si on passe son temps avec d’autres JA, on ne sort jamais de sa zone de confort et on parle très souvent de boulot. » Pendant son temps libre, le jeune Plouzanéen aime sortir avec ses amis dans les villes voisines : Saint-Renan, Brest ou Landerneau. Chaque été, il part également une quinzaine de jours en vacances avec un autre groupe de six ou sept personnes : Portugal l’an dernier, Italie l’année précédente. « Ça permet de couper et de se créer de bons souvenirs », lance-t-il. « Il y a deux ans, on est tombé en panne au Mans alors qu’on descendait vers l’Italie. »

« On n’habite pas dans les Monts d’Arrée »

Et la vie amoureuse dans tout ça ? Baptiste Richard sourit. « On n’habite pas dans les Monts d’Arrée », plaisante-t-il. « Ici, c’est facile de rencontrer des gens, par les amis d’amis notamment. » S’il souhaite reprendre un jour l’exploitation familiale, le jeune homme imagine néanmoins sa vie de couple bien séparée de son travail. « Je préférerais même ne pas être avec quelqu’un du milieu agricole. Notre métier est très prenant, et le soir, j’aime pouvoir parler d’autre chose. »

Garder du lien

L’été, Baptiste participe régulièrement à la Fête du lac ou aux Médiévales de Saint-Renan avec les JA. Le syndicat y assure notamment la restauration et le service. « C’est bon enfant », raconte-t-il. « Ça permet de rencontrer des gens, discuter avec des élus et faire connaître notre métier au grand public. J’aime beaucoup Saint-Renan, c’est une ville très dynamique. J’y ai habité pendant trois ans et j’aimerais retourner m’y installer plus tard. » À 24 ans, le jeune homme semble finalement assez loin du cliché du paysan isolé. Entre héritage familial et ouverture sur l’extérieur, Baptiste Richard dessine une autre manière de grandir — et de vivre — dans le monde rural aujourd’hui.

Alexis Jamet

Une entraide forte

Dans le secteur, malgré la baisse du nombre d’exploitations, Baptiste estime que la dynamique reste forte. « Il y a encore beaucoup de jeunes installés autour de Plouzané. On s’entraide énormément dans le coin. Il faut continuer à faire vivre cette bonne ambiance entre agriculteurs. » La commune compte une douzaine d’exploitations, et les agriculteurs ont entre 25 et 40 ans. « Nous avons aussi trois ETA et une Cuma dans le secteur qui favorisent l’entraide. »


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