Moins de passages, plus d’exigence

Le 10 septembre, l’arracheuse Grimme équipée du module AirSep, appartenant à la Scic Douar Den, a récolté les pommes de terre chez Yann Stieger, à Carnoët (22).

arracheuse pomme de terre airsep - Illustration Moins de passages, plus d’exigence
Quatre à cinq trieurs sont nécessaires pour une vérification humaine. | © Paysan Breton

Depuis 2019, Douar Den utilise une arracheuse Grimme équipée du module AirSep. La machine permet de récolter les pommes de terre sans tamiser les parcelles au préalable. L’objectif est de préserver la structure des sols tout en maintenant des conditions de récolte satisfaisantes. À l’époque, la coopérative cherchait une solution pour accompagner la hausse de la production de plants de pomme de terre, alors que les surfaces restaient trop limitées pour amortir individuellement le matériel. En effet, les producteurs adhérant à la structure emblavent en moyenne 8 ha par campagne. « Nous en sommes à notre troisième arracheuse », souligne Alain André, responsable du service cultures chez Douar Den. « Chaque année, elle récolte environ 95 ha sur les 580 ha cultivés par nos producteurs. » Début septembre, la machine a ainsi ramassé les 7 ha implantés par Yann Stieger, agriculteur bio à Carnoët (22).

Séparation par densité

La particularité de l’outil repose sur une grille vibrante et une soufflerie qui séparent les pommes de terre des cailloux et des mottes humides. « C’est une séparation par densité », explique le technicien. « La densité des pommes de terre est d’environ 650 kg/m³, contre 1,2 à 1,5 t/m³ pour les mottes humides et jusqu’à 1,7 t/m³ pour les cailloux. » Cette année, toutefois, la sécheresse a perturbé l’efficacité de l’arracheuse. La densité des mottes sèches se confond avec celle des tubercules, dont le calibre est plus petit en raison des conditions climatiques. La séparation s’effectue donc moins bien, ce qui accroît le travail de l’équipe chargée du tri manuel, composée de quatre à cinq personnes. « Dans tous les cas, le triage par densité n’est pas parfait. Une vérification humaine reste indispensable. »

« La TCS de la pomme de terre »

L’absence de tamisage présente plusieurs avantages : elle contribue à préserver la structure du sol, limite l’érosion, évite la remontée de cailloux et réduit le nombre de passages sur la parcelle. Cependant, elle rend également la culture plus technique.

Le tamisage agit comme une gomme

« Le tamisage agit comme une gomme », souligne Alain André. « Il permet de rattraper partiellement certaines imperfections ou erreurs précédentes. Cette arracheuse ne s’adresse donc qu’à d’excellents agronomes. » La machine nécessite un tracteur de 240 ch. Son débit de chantier varie de 1,8 à 2,5 ha par jour, selon les conditions.

Alexis Jamet

Une consommation de GNR à l’équilibre

Sans tamisage, l’itinéraire technique s’allège et nécessite moins d’interventions et donc moins de carburant . En revanche, la récolte est plus énergivore. « Le poids du convoi et la soufflerie de la machine augmentent la consommation », explique Alain André. « Ce qui est économisé à l’implantation est donc en grande partie consommé à la récolte. » À l’échelle de l’itinéraire, la consommation de GNR apparaît ainsi globalement à l’équilibre.


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