À l’EARL La Cour à Andel, située sur le bassin versant du Gouessant, la place de l’arbre est grandissante. « Depuis 2019, nous menons la démarche de planter les tours de champ. Les bandes enherbées obligatoires accueillent des arbres. L’aménagement des bas de pente contribue à limiter l’érosion », ont expliqué les associés Frédéric Méheut, Arnaud et David Garoche. Toutes les parcelles présentant 5 % de pente ou plus sont plantées dans le bas. Au fil des ans, 8,8 km de haies ont ainsi été créés, financés par différents partenaires (Agence de l’eau, collectivités…). Les pratiques ont évolué avec l’expérience. « Au départ, les plantations étaient installées sur les talutages aménagés. Mais la moitié des arbres disparaissait. Désormais, nous plantons juste derrière la butte de terre. Le résultat est meilleur », a précisé Frédéric Méheut en charge du suivi des parcelles sur cette structure qui associe 160 ha de cultures (blé, orge, maïs, féverole) à un atelier de 400 truies en système naisseur – engraisseur.
Garder la terre dans les champs
Au démarrage, le Costarmoricain confiait qu’il est venu à la plantation d’arbres par l’entrée agronomique « en cherchant à protéger ses sols et y favoriser la vie biologique ». L’objectif premier était de limiter l’érosion. « En ce sens, nous travaillons sans labour, sans usage de herse rotative. Avec un autre bénéfice : la réduction du temps de travail. » Avec le recul, il note que la présence d’arbres joue en faveur de la biodiversité. « Des études sur colza par exemple montrent que la biodiversité réduit l’impact des attaques d’altises. » Avoir une diversité d’insectes dont des auxiliaires est un atout pour l’avenir dans un contexte de réduction des molécules insecticides autorisées et de recherche de baisse du recours aux traitements, précisait-il
Des espèces qui peuvent être recépées
Pour Frédéric Méheut, les plantations, en plus de stocker du carbone à terme, ont aussi un intérêt pour limiter l’impact climatique. Les arbres coupent les vents desséchants et apportent un peu d’ombre et de fraîcheur aux cultures en bord de champ. « Une étude est menée en Aquitaine sur l’intérêt de haies plantées tous les 30 m dans les parcelles pour apporter de l’ombre et sur les conséquences sur les rendements des cultures liées à la concurrence pour l’accès l’eau et à la lumière. Cela donnera peut-être un jour des idées en Bretagne. » Le changement climatique se ressent d’ailleurs déjà dans le choix des essences : « Nous ne mettons plus le chêne pédonculé breton et déjà moins de chêne sessile. Aujourd’hui, nous optons plutôt pour des espèces qui peuvent être recépées comme le charme ou le châtaignier complétés avec du noisetier en bourrage pour son développement rapide. »
Triple-haie
En début d’année, des élèves de la Ville Davy sont venus réaliser une nouvelle plantation. « Les arbres ont été installés sur trois rangs cette fois. Dans la Pac, cela doit permettre de séparer la surface en deux îlots distincts : une bande enherbée plantée devenant un boisement et la parcelle attenante. »
Toma Dagorn
Contrats de MAEC Biodiversité et MAEC Eau
Mardi 7 juillet, le préfet des Côtes d’Armor François de Keréver s’est déplacé à l’EARL La Cour accompagné de représentants de la Chambre d’agriculture, de l’Agence de l’eau, du Conseil départemental et de Lamballe Terre et Mer. Le représentant de l’État est venu constaté « la poursuite des efforts des agriculteurs dans la réduction des flux de nitrate ». Sur place, le préfet a rappelé que « 85 % des exploitants agricoles des trois baies algues vertes costarmoricaines se sont résolument engagés dans lutte contre la prolifération des algues vertes lors de la phase volontaire », précisant au passage que ceux qui n’étaient pas entrés dans la démarche seraient soumis à un cadre réglementaire comportant des risques de sanctions financières si les résultats (reliquats) n’étaient pas à la hauteur.Sur le terrain, la délégation a visité les aménagements bocagers de cette exploitation par ailleurs engagée dans des contrats de MAEC Biodiversité depuis 2019 et de MAEC Eau (baisse des IFT et couverture des sols en grandes cultures).

