Pendant longtemps, le bien-être animal n’a pas constitué une priorité pour la filière porcine brésilienne. Les exigences réglementaires étaient limitées et les éleveurs s’appuyaient essentiellement sur des guides de bonnes pratiques. Mais depuis 2020, le Brésil s’est doté d’un nouveau cadre réglementaire visant à mieux encadrer les conditions d’élevage. Les textes fixent notamment des exigences minimales concernant les surfaces disponibles pour les animaux, les conditions de logement ou encore certaines pratiques comme la castration et la codectomie. Les délais de mise en conformité restent cependant très longs, certaines échéances étant fixées à l’horizon 2045.
L’impulsion du privé
Pour les experts de l’Ifip, les évolutions observées aujourd’hui sont avant tout portées par les entreprises privées. Les grands groupes de l’agroalimentaire brésilien, qui réalisent une part importante des exportations, ont multiplié les engagements sur le bien-être animal afin de répondre aux attentes des marchés internationaux. Pour ces acteurs, l’enjeu dépasse largement la seule question sociétale : il s’agit aussi de sécuriser l’accès à des marchés de plus en plus exigeants. Sur le plan environnemental également, les lignes commencent à bouger. La gestion des effluents d’élevage gagne en importance, même si les pratiques restent très contrastées selon les bassins de production. Alors que le pays renforce sa présence sur les marchés internationaux, la convergence vers des standards plus élevés apparaît comme une condition essentielle à la poursuite de son développement.
Alexis Jamet
