Un projet de couple en agritourisme

Caroline et Adrien, 27 ans, ont lancé la Ferme des Caps, une brasserie-distillerie paysanne aménagée dans une ancienne ferme d’élevage.

Un jeune couple devant un rayonnage de bouteilles de bières - Illustration Un projet de couple en agritourisme
Dans leur magasin-bar, Caroline et Adrien Gouret vendent leurs bières
et l'offre d'autres producteurs locaux | © Paysan Breton - T. Dagorn

Plurien (22)

« Nous avons toujours voulu travailler ensemble. Sans idée précise, nous cherchions une opportunité. Une ferme pour nous lancer en agri-tourisme : gérer des gîtes en plus d’une production », racontent Caroline et Adrien Gouret. Leur nouvelle adresse à Plurien (22), ils l’ont finalement trouvée au Répertoire départ-installation (RDI). « Le site avait du potentiel à nos yeux : il était situé sur le littoral à 800 m de la côte, il y avait vue mer depuis les gîtes… Cela nous plaisait énormément. » Sur place, trois gîtes sont déjà opérationnels. Dès la reprise, en mars 2025, le couple s’est retroussé les manches pour en aménager un quatrième qui n’était plus utilisé. Le projet de la Ferme des Caps, « entre le cap d’Erquy et la cap Fréhel », était lancé.

Après les vaches, l’orge brassicole

Surtout, cette ferme de 47 ha historiquement dédiée à l’élevage de vaches allaitantes et de taurillons comprenait plusieurs bâtiments. « Selon notre approche, la valorisation des gîtes occupait un mi-temps. » En parallèle, les étables assez hautes offraient beaucoup de possibilités. Mais encore fallait-il trouver la bonne idée. « Vu mon expérience, je me voyais plutôt travailler un produit liquide. Mais nous voulions que cela produise vite, les idées de vigne ou de verger ont donc vite été écartées », explique Adrien qui a travaillé sept ans à la production et au commerce sur la cidrerie familiale de Plestan avant de se lancer. « Assez rapidement, la culture de l’orge brassicole s’est imposée comme la voie à suivre. »

Aperçu d'une brasserie aménagée dans un ancien bâtiment d'élevage pour bovins
Dans une ancienne étable, la toiture et la charpente ont été décapées et les murs bardés pour créer la brasserie

Non issue du milieu agricole, Caroline travaillait comme secrétaire d’atelier dans une concession de tracteurs à Lamballe. Son truc, « c’est le tourisme, la communication, l’accueil et la vente directe… » Elle se charge des gîtes, de la gestion administrative et du magasin à la ferme. Adrien est responsable de la production des champs à la brasserie. « Au début, je me suis dit que faire du cidre et faire de la bière, c’était un peu pareil… », sourit-il. « Mais tout est différent. Le brassage, la fermentation, les recettes… » Les Costarmoricains ont d’abord suivi une formation à Nantes puis passé du temps aux côtés d’autres brasseurs pour s’aguerrir. En plus des conseils d’un technicien, « l’apprentissage s’est fait sur le tas et il y a parfois eu des couacs ».

Vendre le maximum sur place

« Coûteux », le matériel de brasserie a été acheté d’occasion. « C’est plutôt facile à trouver sur le marché car beaucoup d’acteurs de la bière locale ont connu des difficultés. La bière, c’est assez simple à faire, mais encore faut-il savoir la vendre », pointe Adrien. « Il faut trouver une histoire à raconter. Nous, nous sommes des paysans brasseurs. » Comme le rapelle leur slogan « De nos terres à votre verre » en grand sur le pignon dans la cour.

Un couple devant les cuves en métal d'une brasserie
Adrien et Caroline ont fait visiter leur brasserie pour les portes Innov’Action de la Chambre d’agriculture

La première année d’activité a été intense. « Retaper un gîte, tout restructurer pour aménager les bâtiments d’élevage et créer la brasserie et le magasin à la ferme, lancer la production, trouver des clients… » Dans l’urgence, un magasin provisoire a d’abord été lancé dans un container pour démarrer les ventes rapidement. Le prévisionnel prévoyait une production de 300 hL pour le premier exercice. « Nous en avons fait 700 à l’arrivée. » Aujourd’hui, tous les travaux sont terminés. « Il ne reste plus qu’à développer. » Actuellement, la gamme compte quatre bières « légères, désaltérantes, faciles à boire et avec un peu de caractère » Une limonade maison a suivi plutôt qu’une bière sans alcool (qui réclamait un processus industriel à distance). « Nous voulions proposer un soft. Notre limonade d’antan est produite avec l’eau du forage et contient 40 % de sucres en moins qu’une référence industrielle », détaille fièrement Caroline.

Vendre le maximum en direct

Une partie de la production est vendue dans des commerces à proximité (épiceries fines), chez des restaurateurs ou lors d’évènements. Les bières de Caroline et Adrien sont aussi en GMS sous la marque « Les brasseurs bretons » qu’ils ont créée. « Mais notre objectif est de vendre le maximum en direct pour dégager la meilleure marge. » Le magasin et le bar à la ferme sont ainsi ouverts tous les jours de l’été de 11 h à 20 h.

Toma Dagorn

Contact : La Ferme des Caps, 4 La Ville Halna à Plurien / lafermedescaps.fr

Efficaces sur les réseaux sociaux

Pour vendre, il faut se faire connaître et reconnaître. « Pour faire la différence, Caroline et Adrien s’appuient sur leur jeunesse, leur dynamisme et leur esprit novateur. Leurs marinières participent à l’identité visuelle de l’entreprise. Ils sont très actifs et efficaces sur les réseaux sociaux », soulignait Audrey Thomas, conseillère circuits courts à la Chambre d’agriculture de Bretagne à la porte ouverte Innov’Action du 12 juin. Caroline poste chaque semaine des « réels », ces vidéos courtes montrant le « quotidien » des deux paysans brasseurs. « Les gens apprécient quand nous faisons des choses originales, décalées comme danser sous la boule à facettes installée dans la brasserie. » La clientèle est composée de locaux mais aussi de nombreux touristes à la belle saison. « Nous sommes référencés par les Offices de tourisme de Dinan, Pléneuf-Val-André ou Lamballe-Armor. » Du lundi au vendredi, l’été, des visites sont ainsi proposées l’après-midi à la découverte de la production avant dégustation au magasin. La Ferme propose aussi une aire gratuite dédiée aux camping-cars qui est très fréquentée.


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