Un système autonome au Gaec Lait Berbis

Samedi 4 juillet, les associés du Gaec Lait Berbis ouvrent les portes de leur élevage de 130 brebis, à la Croix Hélléan. Le séchoir du foin en bottes, autoconstruit, sera l’un des centres d’intérêt.

Un groupe de personnes devant des rounds de foin - Illustration Un système autonome au Gaec Lait Berbis
Marie-Ève Taillecours, Rachel Pédron, Damien Herber, Alexandre (stagiaire) et Ludovic Josse devant le séchoir en grange pour 24 bottes.

« Nos brebis n’ont pas souffert de la canicule », indique Marie-Ève Taillecours, l’une des associées. « Il fait très chaud dans les bâtiments mais elles peuvent s’abriter à l’ombre des grands arbres, en pâture ».

Porte ouverte samedi 4 juillet À 14 heures

La ferme d’une cinquantaine d’hectares compte un fort linéaire de haies (140 mètres par hectare), plantées, en majorité, par le père de Ludovic Josse, un autre associé, il y a quelques décennies. Ces haies fournissent du bois de qualité qui a permis de construire le petit hangar qui abrite le séchoir (le Gaec possède une scierie mobile). 150 bottes de foin sont séchées chaque année grâce à la chaudière au bois bûche. « Cette année, nous avons fauché de l’herbe dès la fin avril. Après deux ou trois jours de séchage au champ, elle a été récoltée en bottes, placées dans le séchoir, jusqu’à atteindre 85% de matière sèche ». La chaudière fonctionne une bonne quinzaine de jours dans l’année. L’objectif est d’obtenir un foin de qualité et d’éviter l’herbe enrubannée qui pourrait être préjudiciable à la qualité des fromages. Le système de production est très herbager ; l’assolement ne compte que quelques hectares de mélange orge-pois, de maïs grain et de colza (production et vente d’huile). La majorité des parcelles est en mélanges RGA-fétuque-trèfles blancs ou multi-espèces, avec de la luzerne.

9 mois de traite

Les agnelages ont lieu en janvier pour les multipares et en avril pour les primipares. Les agneaux restent 6 semaines avec les mères puis quittent l’élevage pour les filières d’engraissement. Un quart des femelles sont conservées pour le renouvellement du troupeau. La traite a lieu, une fois par jour, pendant 9 mois, jusqu’à fin septembre, dans une salle de 12 places. Les brebis consomment de l’herbe, du foin, du maïs grain, un mélange céréalier et un correcteur azoté. « Elles pâturent dix mois dans l’année », précise l’éleveuse. La transformation du lait est réalisée tous les jours, sauf les dimanches. La totalité de la production, soit 28 000 litres de lait bio, est transformée dans la saison.

Plus de 100 000 € d’EBE

La gamme de produits est large et écoulée sur les marchés de Ploërmel et de Josselin, dans une quinzaine de magasins et de restaurants du secteur et via le site en ligne Clic ta berouette. Le chiffre d’affaires était de 193 500 € en 2025, avec les aides de la Pac, pour un EBE de 100 500 € (le litre est valorisé autour de 5 euros). Les investissements sont peu élevés (5 800 € d’annuité). « Nous avons prélevé chacun, 1 800 €, par mois, pour rémunérer notre travail ». Ils estiment leur charge de travail entre 50 et 60 heures par semaine en saison de production et beaucoup moins en période hivernale (voir encadré). Bernard Laurent

Abaisser la charge mentale

Chaque associé est responsable d’un pôle : élevage, transformation, cultures, commercialisation, mais tous maîtrisent l’ensemble des tâches. Chacun prend 8 semaines de congés par an, dont trois en été et 4 en hiver, lorsque la charge de travail s’estompe. « Cette année, nous avons tous pris une semaine supplémentaire en février car ça passait au niveau de la charge de travail. Nous avons remis à plat notre organisation récemment grâce à l’intervention d’une personne extérieure. Nous sommes d’astreinte un dimanche sur quatre. Le marché du samedi matin est effectué à deux », indique Marie-Ève Taillecours. Tous les matins, les associés se retrouvent autour d’un café. Tous les lundis, une réunion formelle permet de caler le planning de la semaine. « Nous sommes 4 associés depuis 3 ans. Auparavant, nous étions deux, en couple. L’avantage d’être plus nombreux c’est le gain de temps et la baisse de la charge mentale ; nous avons plus de temps libre pour prendre des responsabilités professionnelles ou privées qui font du bien ».


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