« La mélangeuse était en bout de course », indique Laurent Danilo. « Nous avons envisagé d’en acheter une nouvelle, de plus grande capacité, ou de s’équiper d’une automotrice. Mais ma mère, avec qui je suis associé, ne voulait pas s’en occuper pendant ses week-ends de garde. Nous avons donc décidé de robotiser entièrement l’alimentation ». Le Gaec était déjà habitué à l’automatisation des tâches ; les 115 laitières sont traites aux robots depuis douze ans. « Avant que je m’installe », précise le jeune éleveur. Le choix, pour l’alimentation, s’est porté sur l’Automatic Feeding de Jeantil. « C’était le seul équipement qui pouvait s’intégrer dans un bâtiment existant, sans modification de la structure ». Les trémies, dans lesquelles l’éleveur place les différents fourrages, précèdent le démêleur, le tapis convoyeur, le bol mélangeur et l’automate qui distribue les rations dans tous les bâtiments. Il suit un fil, enfoui dans le sol et déverse le mélange à droite ou à gauche selon les besoins. « Le remplissage des trémies me prend une demi-heure par jour, en sachant que l’autonomie est de deux jours ». L’installation avait alors coûté plus de 250 000 €. Un prix variable selon la configuration des bâtiments, selon le fournisseur.

Pâturage en période de pousse de l’herbe
En période hivernale, le robot fait six distributions pour les laitières et cinq pour les taries et les lots de génisses. En période de pâturage, le nombre de distributions est adapté. « J’ai noté une augmentation de la production par vache grâce à la fraîcheur des rations et une meilleure croissance des génisses grâce à une couverture des besoins mieux ajustée », poursuit l’éleveur. La ration de base, en hiver, quand les vaches sont à l’étable, est composée de 45 kg bruts de maïs, de 5 à 6 kg d’ensilage d’herbe, d’1,5 kg de correcteur azoté et d’1,5 kg de maïs grain. En complément, au robot de traite, elles consomment jusqu’à 7 kg de concentrés, en fonction de leur production individuelle. En période de pâturage, la ration à l’auge ne descend pas en dessous de 35 kg de maïs.
Toutes les femelles sont génotypées
Le bâtiment des laitières abrite deux robots de traite et des logettes paillées, avec matelas. Le nombre de traites varie en fonction des saisons, de 2 à 2,8 par jour. La sélection porte désormais essentiellement sur les taux et les membres. Toutes les femelles sont génotypées ; les meilleures génisses sont inséminées en semence sexée. Les vaches produisent, en moyenne, 9 500 litres à 42 de TB et 33 de TP. La marge sur coût alimentaire est de 340 €/ 1 000 litres.
Bernard Laurent
Une importante autonomie
L’automate électrique silencieux est alimenté par une batterie possédant une importante autonomie. Les cycles de distribution et de repousse-fourrage sont programmables. L’appareil peut monter des pentes jusque 10 %. Il peut être contrôlé à distance, avec messages d’alertes sur PC et Smart Phone. Il indique en permanence le stock disponible.
