Dossier technique

Une souche adaptée au Label

EARL de la Côte du Val, à Plélo (22) - Couplé à un changement de génétique mâle en 2021, le bâtiment neuf a amélioré les performances technico-économiques de l’élevage.

Une truie et ses petits dans une case liberté - Illustration Une souche adaptée au Label
Les cases liberté ont participé à augmenter le nombre de sevrés par portée. | © Paysan Breton

Mathieu et Angélique Le Creurer, associés au sein de l’EARL de la Côte du Val, élèvent 200 truies en système naisseur-engraisseur. L’exploitation, qui fait partie du groupement Eureden, commercialise chaque année 7 000 charcutiers en Label rouge Opale. « J’ai surtout choisi cette certification pour la plus-value qu’elle apporte, malgré les contraintes du cahier des charges », raconte l’éleveur. « En moyenne, le label nous rapporte un supplément de 18,58 cts par porc, avec 77 % de porcs labellisés. »

Privilégier des animaux musclés et peu gras

L’élevage est conduit en 5 bandes avec sevrage à 21 jours. Les femelles sont de souche Adenia tandis que les mâles proviennent de la lignée Valens, de chez Axiom. « J’utilise cette génétique depuis 2021. Avant, je travaillais avec la souche Musclor. », déclare Mathieu Le Creurer. « Ce changement visait à privilégier des animaux à forte croissance, musclés et peu gras. » Grâce à des indices techniques performants (G3 à 13,9, M3 à 78,9 et TMP à 61,1), l’élevage bénéficie d’une plus-value technique de 13,6 cts par porc.

.Mathieu Le Creurer, éleveur de porcs à Plélo.
Mathieu Le Creurer.

Améliorer les conditions d’élevage

En 2024, l’EARL de la Côte du Val a inauguré un bâtiment neuf sur son site principal à Plélo, pour un investissement de 1,5 million d’euros. Celui-ci est composé d’une maternité et d’un post-sevrage, ainsi que d’une verraterie et d’un espace pour les gestantes. « Une partie de l’engraissement se trouve sur ce site, dans les anciens bâtiments », souligne l’agriculteur. « Le reste se fait sur nos autres sites à Plérin et Plouvara. Nous avons 2 600 places d’engraissement en tout. » Conformément au cahier des charges du Label rouge, 3 % de la surface du bâtiment est vitrée. Dans la maternité, les éleveurs ont opté pour des cases bien-être. Ces dernières ont favorisé le nombre de sevrés par portée, qui atteint aujourd’hui 14. « Nous avons aussi gagné en confort de travail, et cela se voit sur les résultats », affirme Mathieu Le Creurer. Enfin, l’entièreté du cheptel a été renouvelée au moment de l’ouverture du nouveau bâtiment après un vide sanitaire complet. Les nouvelles cochettes sont arrivées pleines, un mois avant la mise bas. « Le renouvellement nous a permis de gagner en génétique et en sanitaire », précise l’éleveur.

Des performances techniques en hausse

« Depuis la mise en service de notre bâtiment, les performances techniques de l’élevage se sont améliorées », constate Mathieu Le Creurer. Sur l’année 2025, le GMQ et l’IC 30-115 étaient respectivement de 893 g/j et 2,45 (le Label rouge impose la castration des mâles). « En 2023, nous étions à 813 g/j et 2,66. » Au moment du départ à l’abattoir, les associés vident les cases en deux fois : un départ à 182 jours, et un deuxième 10 jours plus tard. Le poids chaud est de 100,3 kg en moyenne. « Si les animaux dépassent les 110 kg de carcasse et si le pH de leur viande n’est pas compris entre 5,5 et 6,2 à leur arrivée à l’abattoir, ils sont déclassés », ajoute le Costarmoricain. Label rouge oblige, l’alimentation est sans OGM, sans huile de palme et enrichie en graines de lin en engraissement. Les animaux sont alimentés en sec en post-sevrage et à la machine à soupe ou en sec en engraissement (selon le site). Tout l’aliment est acheté à l’extérieur. Depuis 2024, l’élevage utilise un système informatisé de gestion de l’alimentation, permettant notamment un suivi individualisé des gestantes via un distributeur automatique de concentrés.

Alexis Jamet

Les animaux sexés à l’engraissement

Depuis six mois, Angélique et Mathieu Le Creurer expérimentent la séparation par sexe à l’engraissement. Les éleveurs ont adapté les courbes pour correspondre aux besoins des différents lots. « Nous avons observé une meilleure croissance chez les femelles, qui mangent généralement moins vite que les mâles. Le classement de ces derniers a quant à lui augmenté. Même si le tri demande du temps, la technique semble prometteuse. »


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