Après avoir longtemps travaillé avec du Stargen (croisé Piétrain) « qui apportait de la rusticité pour une conduite simple au niveau sanitaire », Jean-Michel Carel utilise des doses de verrats Valens (Piétrain NN chez Axiom) depuis début 2021. « Quand j’ai adopté cette nouvelle génétique, j’espérais gagner sur la vigueur à la naissance. Avoir des porcelets plus autonomes signifiait un travail simplifié en maternité. » Un point très important aux yeux de l’éleveur qui gérait seul, à l’époque, le cheptel de 170 truies du Gaec de Carphi (son associé Benoît Carro est en charge du troupeau laitier). Aujourd’hui, pour alléger sa fin de carrière, il évolue en binôme avec une salariée.
Les porcelets sont rapidement actifs pour aller téter
Concernant la voie femelle, suite au changement de grands-parentaux chez le multiplicateur, des cochettes Vénus sont introduites depuis décembre 2023 (il reste 10 à 15 % de truies Youna sur l’élevage). Dans une maternité de 1992, le Costarmoricain est satisfait des résultats actuels permis par la génétique et les efforts sur l’alimentation des gestantes. « Nous sommes peu embêtés par le splay leg. Globalement, les nouveau-nés sont rapidement actifs pour aller téter. Nous avons sevré 13,7 porcelets par portée sur le dernier trimestre. »

Bandes homogènes à la sortie
Avec le Valens, l’autre objectif concernait les charcutiers : « Mon attente était de gagner sur le GMQ, l’indice et la plus-value. » Jean-Michel Carel note d’abord que les bandes n’ont désormais plus la même allure au moment du départ. « Fini le mélange de petits cochons râblés et de hauts sur pattes. Les issus de Valens sont beaucoup plus homogènes, bien charpentés, avec de la longe et du jambon. » Via son groupement Eureden, l’élevage est sous contrat Porc U Confiance (Système U). Depuis deux ans, le Gaec travaille ainsi en mâles non castrés. « La génétique Valens combinée au passage au mâle entier s’est traduite par une amélioration de l’indice et du classement. » L’amélioration des performances en engraissement a été notable en particulier sur les deux sites à sec (3e site en soupe). Au Gaec, l’indice de consommation global atteint 2,6 pour 2025 (contre 2,75 avant d’arrêter les mâles castrés).


De la masse sous la couenne
Le seul point de vigilance que soulève Jean-Michel Carel concerne le tempérament de son nouveau type d’animaux. « Ces cochons ont pas mal de punch. Au quotidien, nous avons peu à peu trouvé comment interagir avec eux et pris l’habitude de les prévenir quand nous entrons dans les salles. Les déplacements sont facilités. »
Avec 85 bandes de recul, Jean-Michel Carel estime que la génétique Valens permet de bien concilier l’allègement de la charge de travail en maternité et les performances.
Un verrat homogène… « Une fois sevrés, les Piétrain sont des cochons faciles. À l’arrivée, ils ont vraiment de la masse sous la couenne pour générer de la plus-value. Je m’en rends compte à chaque fois que je reçois mon bordereau d’abattage… », termine l’éleveur.
Toma Dagorn
8 000 verrats en station par an
« La sélection à la station d’Azay (37), propriété d’Axiom depuis 10 ans, a permis de faire progresser nos lignées Piétrain », explique Daniel Bequet, responsable commercial pour l’entreprise dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan. Au total, Axiom suit 8 000 verrats au Dac chaque année. « La lignée Valens s’est ainsi construite sur quatre critères indissociables : l’indice de consommation, le GMQ, le lard et le muscle. Ce sont les critères recherchés pour les éleveurs en attente de rentabilité. C’est aussi l’homogénéité qui ressort avec cette génétique afin de maximiser le pourcentage de porcs dans la gamme. »

