Dossier technique

La nurserie offre une ambiance saine

Gaec de la Perche, Montreuil-sur-Ille (35) - Les éleveurs ont misé sur une ventilation naturelle performante dans leur nouvelle nurserie de 62 places. Bâche déroulante, ouvertures adaptées  et toiture isolée permettent de limiter l’humidité, les poussières et les odeurs.

Deux éleveurs dans une nurserie bovine - Illustration La nurserie offre une ambiance saine
Quentin Dourdan (à gauche) et Aurélien Guinard dans la nouvelle nurserie. | © Paysan Breton

Le Gaec de la Perche compte un élevage de 180 vaches laitières et 180 génisses, sur une SAU de 220 ha. Une nouvelle nurserie de 62 places a été mise en fonctionnement il y a 6 mois, après un an de construction, comprenant 6 cases de 8 places et 14 cases individuelles. L’investissement a été de 150 000 €, avec une bonne partie d’autoconstruction par les éleveurs (maçonnerie, bardage notamment).

Conception qui favorise la ventilation naturelle

« Auparavant, les jeunes génisses étaient gérées en cases collectives extérieures de type igloo avec courettes. Le paillage était conséquent, cela demandait beaucoup de temps, le travail était pénible », explique Quentin Dourdan, associé avec Vincent Guinard dans le Gaec. Ils emploient aussi 2 salariés Christian Truet (ex-associé) et Aurélien Guinard, le fils de Vincent qui va bientôt s’installer. Les éleveurs ont ouvert leurs portes à l’occasion du Rallye bâtiment organisé par le GIE Élevages de Bretagne.

Bâche déroulante reliée à des capteurs

La ventilation naturelle a été optimisée dans la nouvelle nurserie, aussi bien pour le confort des animaux que des éleveurs, limitant l’humidité, les odeurs et les poussières. Sur un des longs pans, une bâche déroulante a été installée, « reliée à une sonde de température placée au cœur de la stabulation et à une station avec girouette extérieure. Nous la laissons toujours un peu ouverte. » Un grillage assure le maintien de la bâche et empêche les oiseaux d’entrer.

« Pour le confort thermique des veaux, il est préférable de choisir une bâche plutôt qu’une toile ajourée. De même, la toiture isolée est essentielle », précise Alice Elvinger, chargée d’études bâtiments et équipements bovins à la Chambre d’agriculture.

L’autre long pan est bardé, avec une partie translucide en hauteur pour apporter de la lumière dans le bâtiment, et des fenêtres en face de chaque case, qui peuvent être ouvertes quand il faut aérer davantage. Un couloir dédié à l’apport de paille est situé de ce côté. « Les veaux sont paillés tous les jours et le fumier est évacué tous les mois. Le curage nous demande deux heures de travail », soulignent les éleveurs.

Pas de contact direct avec les parois

Dans le bâtiment, les veaux n’ont pas de contact direct avec la paroi ce qui est mieux pour leur santé, pour la circulation des hommes et pour le maintien en état du matériel. En pignon, du bardage et un portail étanche sont installés. Des systèmes de portes en V facilitent l’accès aux cases. Pour leurs premiers jours de vie, les veaux sont installés dans des cases individuelles Top Calf, dans la 2e salle de la nurserie.

Agnès Cussonneau

Une aire paillée bien conduite

Un autre bâtiment est sorti de terre il y a 4 ans sur le Gaec, pour les génisses âgées de 17 à 24 mois et les vaches taries, en aire paillée. Particularité, l’édifice comprend des poteaux en bois creux à l’intérieur, dans lesquels sont encastrées les poutres en lamellé-collé. « Les femelles prêtes à vêler sont dotées de détecteur de vêlage. Une caméra facilite la surveillance », souligne Vincent Guinard.« Les animaux sont paillés une fois par jour. Les doubles barrières permettent de séparer les vaches et de les concentrer sur une partie ou une autre de l’aire paillée. Cette dernière est curée tous les 2 à 3 mois, une opération qui dure au maximum 3 heures. » Dans le couloir d’exercice, un racleur à cordes passe 3 fois par jour, amenant le fumier au bout de la stabulation. « Deux fois par semaine, ce fumier est mis en tas dans la fumière couverte. »Autre détail qui compte, les abreuvoirs ont été placés au-dessus de l’aire d’exercice. « Ainsi il n’y a pas d’eau à aller sur l’aire paillée. Et nous avons directement intégré les réseaux d’eau dans la maçonnerie, ce qui limite les dégâts. Les abreuvoirs équipés chacun d’une vanne sur la nourrice peuvent être fermés séparément. » « Une bonne gestion de l’aire paillée conditionne la santé du troupeau. Pour assainir un site, des drainages peuvent être réalisés autour de la stabulation. La pose de regards peut aussi être intéressante pour l’évacuation de l’eau », précise Jacques Charlery, du GIE Élevages de Bretagne. « Autre possibilité : placer un compteur d’eau pour détecter des fuites. On les estime à 5 % dans les élevages. »


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