Au Gaec Les Fossés, la stabulation historique date de 1994. Elle a été rallongée en 2018 pour atteindre 103 m de long aujourd’hui. Puis, en 2020, l’étable a plus que doublé en surface par l’ajout, en face de la partie des vaches en production, d’une construction accueillant des cases sur litière pour les taries et préparations au vêlage et les génisses Prim’Holstein et charolaises. À l’arrivée, c’est un bâtiment grande largeur (plus de 40 m) bardé sur les grands côtés et fermés en pignons. « Mais à l’été 2022, nos vaches ont beaucoup souffert à l’intérieur avec une chute de 5 ou 6 kg de lait par jour », rapportent Laëtitia et Thomas Masson, les deux associés, qui ont le sentiment que « les coups de chaud se font de plus en plus fréquents et plus brutaux ».

Tomber le claire-voie pour chasser l’air vicié
En prévision, en 2023, les éleveurs ont fait installer des brasseurs d’air type hélicoptères. Ils ont également rajouté deux grands abreuvoirs de 3 m pour le troupeau. « Cet été-là, la production s’est plutôt maintenue, mais le TB ont tout de même diminué. » Par contre, l’ambiance dans le bâtiment n’était pas propice. « C’était terrible. Avec la chaleur combinée au chargement animal, malgré les nombreux passages de racleurs pour évacuer sans cesse les déjections, cela sentait fort dès le matin sur les aires d’exercice. L’air était chargé, malsain. Il y avait trop de pression ammoniacale… Les jours de pic, cela pouvait prendre aux yeux, au nez et à la gorge. Certains intervenants nous le faisaient remarquer. » Pour Thomas Masson, il y avait probablement un impact sur la reproduction. « Avec les brasseurs, on obtenait de la vitesse d’air mais l’air chaud vicié n’était pas expulsé. »
L’été, cela sentait fort dès le matin
Bien embêtés, les associés ont imaginé ouvrir les bardages sur 40 cm en haut du long pan bardé (une zone située 5 m au-dessus des vaches dans ce bâtiment haut). « Nous avons discuté avec notre charpentier qui a soumis l’idée d’ouvrir bien plus grand. » Finalement, en partenariat avec la société Réa Agrouest, 32 m de long pan au sud-ouest (au-dessus d’une partie des logettes des vaches) ont été ouverts et équipés d’un filet escamotable sur 3 m de hauteur, en juin 2024. Sur le reste de la longueur, une ouverture de 50 cm en haut du bardage a simplement été pratiquée car le bâtiment du bloc traite accolé ne permettait pas la grande entrée d’air. De l’autre côté, au nord-est, le bardage fixe a été remplacé sur 85 m par un brise-vent motorisé. La gestion du flux d’air se fait par commande manuelle. « À la belle saison, on ouvre grand pour bien renouveler l’air et rafraîchir les animaux. En hiver, on limite à 50 cm l’ouverture pour éviter les courants d’air sur nos jeunes génisses logées en face des vaches. »



Plus de clarté pour travailler
Thomas Masson se rappelle : « Au lancement des travaux, dès que nous avons déposé le bardage à claire-voie, pendant trois jours, l’air chargé est sorti. On sentait l’ammoniac sortir ! Il y avait à l’extérieur du bâtiment une odeur que nous ne sentions jamais d’habitude. » Alors qu’il existe aujourd’hui des capteurs à installer dans les bâtiments, le couple regrette de ne pas disposer de données chiffrées avant/après concernant le taux d’ammoniac de leur enceinte. Le couple termine en soulignant qu’en ouvrant le bâtiment, il a sensiblement gagné en clarté. « C’est appréciable en termes de qualité de travail. »
Toma Dagorn



Depuis que les vaches se sentent mieux, le lait monte
Dans cette ambiance bien plus favorable, les performances se sont nettement améliorées. « Dès qu’on a ouvert en juin 2024, le niveau d’étable a grimpé de 3 L de lait par vache et par jour », se rappellent Laëtitia et Thomas Masson. Lors des étés 2024 et 2025, l’ingestion a peu diminué et le lait s’est maintenu. « Les animaux ont semblé plus en forme. D’un point de vue respiratoire, ils ventilaient beaucoup moins. » Pour eux, les 45 000 € investis dans les ouvertures et l’installation des rideaux en faveur du confort des animaux et « de celui des éleveurs » seront vite amortis. « L’été, c’est d’abord 4 kg de lait par vache par jour et du TB qui ne sont plus perdus pour un troupeau de 140 têtes. Faites le calcul… La pression sur la santé des pattes semble aussi moins forte. Il y a probablement également un gain sur les performances de reproduction, alors qu’en système productif, on parle d’un coût supplémentaire de 3 € / jour d’IVV en plus. » Aujourd’hui, le Gaec Les Fossés livre, en traite conventionnelle (roto de 32 places), davantage de lait (2,2 millions de litres par campagne) avec 155 vaches – « la baisse du chargement en laitières dans le bâtiment est aussi favorable à l’ambiance » – qu’avec 180 auparavant. « L’objectif est désormais de faire vieillir nos animaux », termine le couple d’éleveurs passionnés d’élevage.

