La formation de croûte naturelle, la couverture par des ouvrages non étanches à l’air sont les meilleures solutions pour éviter la volatilisation de l’azote depuis sa fosse de stockage. « Plus elle est couverte, mieux c’est, car elle supprime les infiltrations d’eau et les contacts directs avec l’air », résume Sébastien Guiocheau, chargé d’études bâtiment et équipement bovins à la Chambre d’agriculture de Bretagne. Pour autant, poser une membrane sur sa fosse a des conséquences, notamment pour la reprise et le pompage du lisier, surtout en élevage de bovins lait. « Si la pluie n’entre plus, il faut au moins prévoir d’y stocker les eaux de salle de traite pour liquéfier le lisier, sans quoi la reprise devient très difficile », préconise-t-il. Les efficacités des différentes couvertures changent : la formation d’une croûte naturelle permet un abattement de 40 % de la volatilisation de NH
Plus profonde, moins de surface
À contenance égale, une fosse à lisier plus profonde laissera forcément moins de surface de matières en contact avec l’air extérieur. Mais enterrer davantage la fosse « pose des questions de pompage. Quand la profondeur est de 3 m, on sait reprendre. C’est plus difficile pour des fosses de 4 ou de 4,5 m ». Pour les fosses les plus profondes, s’équiper d’un brasseur électrique immergé devient indispensable.
Supprimer les infiltrations et les contacts directs avec l’air
Dans l’entreprise de maçonnerie LP Constructions basée à Quéven (56), le co-gérant Luc Paquin fait observer que « nous prévoyons systématiquement un socle ou un poteau lors de la construction d’une fosse extérieure ». Ainsi pré-équipée, le coût sera beaucoup plus modéré si dans le futur l’élevage investit dans une couverture. Le fond de la fosse est « obligatoirement drainé, ce qui permet de récupérer l’eau sous pression qui, quand la fosse est vide, pourrait la détériorer ». En élevage bovin, la hauteur moyenne des fosses extérieures se situe entre 3 et 4 m. Enfin, l’entreprise pose systématiquement des regards techniques de contrôle à la sortie de ces drains, pour vérifier que l’eau n’est pas trouble, signe d’une fuite de la fosse. « Mais plus la fosse est enterrée, plus le point bas d’évacuation sera difficile à trouver », conclut Sébastien Guiocheau.
Fanch Paranthoën
Retenir l’azote, gagner des euros
Selon le guide des bonnes pratiques agricoles pour l’amélioration de la qualité de l’air de l’Ademe, utiliser une couverture souple sur sa fosse réduit les émissions du poste stockage de 80 %, ce qui représente, pour 1 000 m3 de lisier de bovin, un gain de 150 kg d’azote par an, pour un lisier dosant 1,3 uN/t. La croûte naturelle, toujours pour ces 1 000 m3, fait gagner seulement 75 kg d’azote par an.

