En 2019, quatre agriculteurs de Chavagne, commune située à une quinzaine de kilomètres de Rennes, se mettent d’accord pour construire un site de méthanisation collective. « Nous avions tous un intérêt dans le projet », raconte Romain Marqué, éleveur de vaches laitières et associé de la structure Biogaz de la Vilaine. « Pour ma part, j’avais augmenté la taille de mon cheptel et j’avais besoin d’une nouvelle fosse. De plus, la méthanisation est un bon moyen de limiter les odeurs des effluents. » La proximité de Rennes Métropole a également facilité le raccordement au réseau, situé à moins d’un kilomètre du site.
D’autres agriculteurs ont montré un fort intérêt pour le projet
Un attrait inattendu
La méthanisation entre en service en 2021 avec une puissance de 70 Nm3, rapidement revue à la hausse. « Pendant la construction, d’autres agriculteurs de la commune ont montré un fort intérêt pour le projet », lance Romain Marqué. « Une installation JA a pu être facilitée en faisant l’impasse sur la construction d’une nouvelle fosse, ce qui représente une économie substantielle sur le plan d’investissement. » Peu après la mise en service, les associés augmentent le tonnage traité, passant de 30 à 72 tonnes par jour, et investissent dans de nouveaux équipements, dont un post-digesteur et un nouveau compresseur. Aujourd’hui, six fermes apportent régulièrement leurs effluents d’élevage sur le site et la capacité de production a atteint 170 Nm3.
La Cuma remise à flot
Au moment de la mise en route de la méthanisation collective, la Cuma du Progrès, à Chavagne, végétait. « Il y a six ans, son chiffre d’affaires était de 70 000 € », rappelle Romain Marqué, également trésorier de la structure. « Aujourd’hui, il atteint 710 000 €. Le nombre d’UTH est passé de 0,5 à 4. » Grâce à l’initiative des quatre agriculteurs, un véritable esprit collectif s’est recréé dans la commune, favorisant le lien, la synergie et la création d’emplois. « Nous avons pu investir dans des outils ultra-performants », ajoute l’éleveur. « Nous disposons d’un automoteur d’épandage Vredo avec ravitaillement au champ et un tonne Samson avec pendillard et enfouisseur à dents sur l’intercuma des 3 rivières. Ils épandent respectivement 42 000 et 30 000 m3 par an. » Afin d’encourager l’épandage de digestat, Biogaz de la Vilaine prend en charge 3,5 € par m³ épandu auprès des prêteurs. Depuis 2022, Romain Marqué et les autres exploitations apporteuses ont réduit en moyenne leurs achats d’ammonitrate de 80 %.


Fonctionnement à distance
La méthanisation collective de Chavagne est équipée de deux digesteurs, d’un post-digesteur, de deux silos verticaux pour les biodéchets, de quatre silos couloir et de deux fosses de 9 000 et 4 000 m3. L’accès au site est autonome pour l’ensemble des apporteurs, chacun disposant d’un code personnel. « Même lorsque je ne suis pas sur place, je peux guider les chauffeurs à distance en contrôlant la pesée ou les pompes depuis mon téléphone », précise Romain Marqué.
Alexis Jamet
Gérer l’électricité
Le site est équipé de cinq trackers solaires d’une puissance totale de 125 kWc, ainsi que de tables solaires positionnées sur les merlons, pour une puissance de 130 kWc. Des panneaux photovoltaïques de 160 kWc, situés sur le hangar, complètent l’installation. Toute l’énergie produite est autoconsommée. « Nous utilisons la solution Purecontrol pour piloter le compresseur grâce à l’intelligence artificielle », déclare Romain Marqué.

