Dossier technique

Une remorque-citerne « légère » de 28 000 L

Gaec des Challonges à Châlons-du-Maine (53) - Pour le transport du digestat issu de leur méthanisation, les producteurs ont investi dans une citerne routière de 28 000 L, d’un poids à vide de 8 t. Un matériel permettant moins de consommation de carburant et plus d’efficacité de travail.

tracteur avec une remorque-citerne dans une cour de ferme - Illustration Une remorque-citerne « légère » de 28 000 L
La remorque-citerne, avec essieu directionnel, facilite le transport du digestat sur route. | © Paysan Breton

David Pommier et Fabrice Landais sont les deux associés à la tête du Gaec des Challonges à Châlons-du-Maine. Employant trois salariés (2 ETP), ils gèrent, sur une SAU de 141 ha, une exploitation comprenant un atelier laitier (1,4 million L), un post-sevrage / engraissement (3 300 porcs/an) et des cultures de vente (blé).

Une installation de méthanisation a été mise en service en août 2024 sur la ferme, le biogaz étant acheminé par 7 km de tuyaux enterrés vers Laval agglomération. « En un an, nous avons fourni l’équivalent de la consommation en gaz de 1 000 maisons de 110 m2, pour le chauffage et l’eau chaude », ont souligné les producteurs lors d’une porte ouverte organisée par la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

Maniabilité et préservation des routes

Le méthaniseur est approvisionné avec des effluents d’élevage – dont du fumier d’une exploitation voisine –, des déchets agroalimentaires locaux, des cultures intermédiaires et principales ainsi que les jus de silo et eaux de lavage. « Les digestats sont épandus sur 350 ha au total. »

5 hommes dans un bâtiment agricole
David Pommier (à gauche) et Fabrice Landais (2e à droite) avec les trois salariés.

Un lisier plus fluide avec la séparation de phase

Une séparation de phase a été installée, permettant « d’avoir un digestat plus fluide et d’éviter la sédimentation dans la fosse », précise David Pommier. Autre avantage sur la partie solide, la période d’épandage peut être élargie. « Nous l’apportons par exemple avant le semis des céréales, avec une table d’épandage. » 500 t de digestat solide et 11 000 m3 de digestat liquide ont été produits en première année. Ce dernier est stocké dans une fosse sur le siège d’exploitation et dans une autre fosse près de parcelles plus éloignées, à 5 km.

Pour faciliter le transport du digestat, les éleveurs ont investi dans une remorque-citerne avec essieu directionnel, pour un coût de 120 000 € environ (marque Garant). « D’un volume de 28 000 L, cet outil présente un poids à vide de seulement 8 tonnes. Il permet de réduire la consommation de carburant et la puissance de traction nécessaire. Nous mettons devant un tracteur de 220 ch. »

Des unités de méthanisation sous un temps pluvieux
L’installation de méthanisation a été mise en service en août 2024.

Efficacité sur les chantiers d’épandage

La remorque est aussi « très maniable et n’abîme pas les routes. » Un matériel respectueux pour le voisinage. « Les chantiers d’épandage sont plus efficaces avec cet outil, la tonne à lisier et les pendillards restent au champ. Leur durée de vie augmente. »

« Avec la remorque-citerne, équipée d’une pompe, nous approvisionnons la tonne à lisier ou un caisson que nous déplaçons, suivant les chantiers d’épandage ». Pour pouvoir rentabiliser plus rapidement leur citerne, les associés la louent à d’autres agriculteurs. « Elle peut aussi transporter du lisier. » Pour l’épandage, le Gaec fait appel à la Cuma (rampe à pendillards de 15 m) ou à l’ETA (rampe de 24 m).

Des réunions publiques ont favorisé l’acceptabilité

« J’ai mûri pendant 15 ans ce projet de méthanisation », souligne David Pommier qui s’est installé avec sa mère en 2002. « Quatre ans d’instruction administrative ont été nécessaires. » Pour une meilleure acceptabilité locale de la population, les agriculteurs ont organisé des réunions publiques. « Nous avons fait comprendre aux gens que leurs craintes n’étaient pas fondées, qu’une méthanisation fonctionnait comme une exploitation agricole, qu’elle permettrait d’utiliser moins d’engrais minéraux… Sur l’exploitation, nous sommes par exemple passés de 25 à 5 t d’ammonitrate achetées. »

Deux partenaires ont rejoint le Gaec sur ce projet d’un coût total de 7,5 millions €, formant la SAS Challonges : le groupe Evergaz spécialisé dans le biogaz, et Territoire d’énergie Mayenne, acteur public de l’énergie dans le département. « Cela a permis de conforter l’engagement des banques et de nous accompagner techniquement et administrativement », déclarent les agriculteurs.

Agnès Cussonneau

Photovoltaïque pour autoconsommation et vente

Autre source d’énergie, des panneaux photovoltaïques ont été installés sur des bâtiments de stockage de la méthanisation (1 834 m2, 411 kWc) et sur un hangar à fourrages (919 m2, 211 kWc), pour autoconsommation et vente des surplus. Ces installations, tout comme la méthanisation, « apportent de la valeur ajoutée sur la ferme, permettant de maintenir un élevage attractif ». Un nouveau complexe laitier a été mis en place avec stabulation et robots de traite neufs, toiture isolée…


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