Votre coopérative vous propose un accompagnement agronomique pour établir des cartes de modulation sur les derniers apports d’azote. De votre côté, vous utilisez un système d’autoguidage depuis plusieurs années et lors du renouvellement de votre épandeur, vous avez opté pour un modèle Isobus, équipé de la pesée et de la coupure de sections. Autre possibilité : vous travaillez avec un épandeur en Cuma, lui aussi théoriquement capable de moduler. Ce portrait vous ressemble ? Alors pourquoi ne pas franchir le pas de la modulation intraparcellaire ? Encore faut-il lever quelques verrous techniques.
Débloquer la fonction TC-GEO de la console
Activer la fonction TC-GEO
Si vous pratiquez déjà la coupure de sections, la communication entre les différents terminaux et boîtiers est acquise. En revanche, plusieurs architectures de pilotage peuvent coexister. Premier cas de figure : la console Isobus du tracteur ou de l’épandeur pilote l’outil, tandis que le système d’autoguidage se contente de fournir le signal de position. Seconde option : la console de guidage, équipée de l’Isobus, prend directement la main sur l’épandeur. Dans les deux situations, la console « maître » dispose forcément de la fonctionnalité Isobus TC-SC nécessaire à la coupure de sections. En revanche, la fonction TC-GEO, nécessaire à la modulation, n’est pas systématiquement activée. Son déblocage passe souvent par l’achat d’une licence, facturée entre 500 et 1 000 €. Certains tractoristes comme John Deere, l’intègrent dans un abonnement annuel. Il faut aussi vérifier que cette fonction est bien active côté épandeur.
Des cartes au bon format
Autre point de vigilance : le format des cartes de modulation pris en charge par la console. Si le Shape (.shp) reste le standard universel, l’ISO-XML (.xml) tend à se généraliser, notamment parce qu’il permet d’enregistrer les données pendant l’application. En contrepartie, il impose de préparer une tâche avant le chantier, ce qui demande un peu d’anticipation. Le chargement des cartes sur la console se fait via une clé USB ou automatiquement par transfert de données à distance, avec un service de télémétrie.

Côté matériel, tous les épandeurs ne se valent pas. La précision dépend de la technologie embarquée : modulation gauche/droite, pilotage des trappes avec vérins ou moteurs électriques, gestion du point de chute ou encore réactivité de l’électronique. Les zones de modulation et les écarts de dose doivent donc rester cohérents avec la largeur de travail et l’inertie de l’appareil.
Ne pas négliger les réglages de base
Enfin, la modulation ne rattrape pas un mauvais réglage. Un épandeur bien étalonné et un engrais de qualité restent indispensables pour obtenir une nappe régulière. Un contrôle de la répartition de l’engrais au sol avec des bacs constitue toujours une étape à ne pas négliger pour sécuriser les réglages.
Michel Portier
Pour en savoir plus : La base de données Isobus de l’AEF (www.aef-isobus-database.org) permet de s’assurer en quelques clics que la fonction TC-GEO est bien disponible sur la console et l’outil, et qu’ils sont compatibles.
Des solutions adaptables pour moduler
Même sans épandeur compatible Isobus, des solutions existent pour moduler. Il est possible d’ajuster la dose manuellement en s’appuyant sur une carte affichée sur la console de guidage ou sur une application mobile (Atfarm, Spotifarm). Des kits de rétrofit permettent aussi de rendre un épandeur Isobus, comme la solution Jaltest. Les constructeurs d’épandeurs proposent également des conversions électroniques ou l’ajout de passerelles de communication. Enfin, même sans Isobus, de nombreux boîtiers acceptent les consignes de modulation via une liaison série (RS232) depuis une console de guidage. Le pilotage peut aussi se faire sans cette dernière, à l’aide d’une tablette reliée au boîtier de l’épandeur, avec des solutions comme iSoyl ou Softidose.

