Améliorer la performance des méthaniseurs passe aussi par la qualité des fourrages introduits. Un essai mené en 2024-2025 s’est intéressé à l’effet d’un inoculant sur ensilage intégrant des enzymes férulate-estérases produites par les Lactobacillus buchneri LN40177 sur un ensilage de triticale de printemps, avec un double objectif : mesurer l’impact sur le pouvoir méthanogène et sur la viscosité du digestat, entre autres via la consommation électrique du moteur de brassage. Essai sur un pilote de méthanisation Le triticale, récolté en juin 2024 à 30 % de matière sèche (MS), a été ensilé en silo-boudin. La récolte a été divisée en deux modalités : une partie témoin et une partie traitée avec l’inoculum 11GH4 produit par Pioneer, stockées successivement dans un même boudin. L’essai s’est déroulé sur un démonstrateur de méthanisation par voie liquide de 1 m³, installé sur la ferme expérimentale de l’université de l’Ensaia à Nancy. Le dispositif fonctionnait dans des conditions proches de celles d’un méthaniseur agricole : régime mésophile (37,5 à 40 °C), temps de séjour de 40 jours et ration quotidienne de 25 kg à 15 % MS. Chaque modalité a été testée durant trois mois, soit trois temps de séjour complets, afin d’atteindre un régime stabilisé et d’obtenir des résultats fiables. En parallèle, des tests BMP (Biochemical methane potential) ont permis d’évaluer le potentiel méthanogène en laboratoire. Un potentiel méthanogène mieux préservé À l’ouverture du silo, le triticale témoin présente un pouvoir méthanogène élevé (124 m³ CH₄/t de matière brute), qui diminue progressivement pour se stabiliser autour de 75 m³ CH₄/t. Cette baisse est attribuée à une reprise d’activité des levures liée à l’oxygénation du front de silo, conséquence d’une faible vitesse d’avancement. Le triticale traité démarre avec un potentiel initial plus faible, mais se stabilise à un niveau supérieur, autour de 85 m³ CH₄/t….
Dossier technique
Plus de méthane, moins d’énergie perdue
Un essai conduit sur un pilote de méthanisation met en évidence l’intérêt d’un inoculum d’ensilage. À la clé : une production accrue de méthane et une baisse significative de l’énergie consommée pour le brassage du digestat.

