Comme annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 4 janvier, la France a suspendu, par un arrêté paru au Journal officiel le 7 janvier, l’importation, l’introduction et la mise sur le marché de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l’Union européenne (UE), contenant des résidus de cinq substances actives phytopharmaceutiques interdites d’utilisation dans l’UE : bénomyl, carbendazime, glufosinate, mancozèbe, thiophanate-méthyl. La mesure concerne principalement les fruits et légumes (agrumes, avocats, cerises, goyaves, mangues, pommes, poires, tomates…), mais aussi les pommes de terre et certaines céréales (blé, orge, avoine, seigle et soja). Prise à titre conservatoire, l’interdiction prendra fin dès l’entrée en application de mesures appropriées par la Commission européenne ou, à défaut, un an après son entrée en vigueur. Le même jour, la Commission européenne a présenté un projet de règlement abaissant à zéro les limites maximales de résidus (LMR) pour trois des cinq substances actives visées par Paris : carbendazime, bénomyl et thiophanate-méthyl. « Cette mesure concerne les importations d’agrumes, de mangues et de papayes », a précisé Bruxelles. Les volumes importés de céréales sont marginaux en France La distorsion de concurrence persiste Au sein de la filière fruits et légumes, la mesure suscite des critiques. Pour Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, la réponse apportée « manque sa cible », la principale concurrence pesant sur les producteurs français étant « intra-européenne », précise-t-il à Agra presse. Il estime que, si l’objectif est de rééquilibrer la concurrence et de rassurer les consommateurs, l’ajout de l’acétamipride à la liste des substances interdites aurait eu « un effet direct » au sein même du marché européen. Même son de cloche du côté de l’ANPP (producteurs de pommes et poires, FNSEA). Dans un communiqué du 5 janvier, l’ANPP estime que le gouvernement « passe à côté des vrais enjeux de la filière…
Les filières sur leur faim avec les cinq clauses de sauvegarde
La France a suspendu, par un arrêté du 7 janvier, l’importation de denrées alimentaires contenant des résidus de cinq substances interdites dans l’UE.

