Efforts attendus sur l’origine France

Alors que de nombreux magasins bretons de GMS ont été visés par des visites d’agriculteurs dans les rayons ou des dépôts de matériaux aux abords, une mobilisation massive a eu lieu à la plateforme régionale Lidl dans les Côtes d’Armor. 

Une remorque en train de décharger des matériaux lors dun' manifestation agricole alors que le ciel est rempli de fumée - Illustration Efforts attendus sur l’origine France
Les contenus de 85 remorques ont été déposés sur les 100 m de voie d'accès à la plateforme Lidl. | © Paysan Breton - T. Dagorn

Les actions d’agriculteurs à l’encontre de la grande distribution se multiplient en Bretagne. La crispation est forte. Mêlant tout à la fois l’amertume de la signature des accords du Mercosur, la déception quotidienne de cours dégradés ou à la baisse (céréales, porc, lait…) et l’enjeu des négociations commerciales en cours entre l’agro-alimentaire et les enseignes de GMS.

Plateforme logistique innaccessible

Dimanche 18 janvier, en soirée, le réseau FDSEA – Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor a fait une démonstration de force rassemblant une centaine de tracteurs et près de 250 manifestants aux abords de la plateforme régionale Lidl à Châtelaudren-Plouagat (22). Tour à tour, 85 remorques pleines de matières en tout genre ont été bennées sur la voie d’accès interdisant tout passage de camions. « Lidl remplit ses rayons de cochonneries. En retour, on lui apporte nos cochonneries », résumait en colère un représentant de JA 22. Gwenolé Corbel, président du syndicat, reprenait : « Nous défendons le Manger français, crucial pour nos filières. En décembre, nous avons visité des magasins de l’enseigne à Paimpol et Lamballe et regretté la forte proportion de produits d’origine étrangère. Nous avons eu des échanges avec un responsable de Lidl France qui s’est engagé à améliorer les choses… Mais depuis, plus aucun contact de sa part, ni d’avancée dans les magasins que nous avons contrôlés à nouveau. » Pour lui, Lidl fait partie des « pires élèves » dans les box de négociations. « Ce soir, nous avons aussi arrêté un camion Intermarché plein de salades et de champignons étrangers alors que la Bretagne est une terre légumière qui en produit. »

« Du prix dans nos élevages »

Fabienne Garel, présidente de la FDSEA, estime que « les distributeurs comme Lidl se font complices des accords de libre-échange en faisant rentrer des produits alimentaires qui ne respectent pas nos propres normes de production ». Elle pointe aussi l’importation de volaille « d’Ukraine et d’ailleurs » alors qu’en Bretagne, « il devient impossible de construire de nouveaux poulaillers. » Pour la responsable, l’État doit « se mobiliser vite et de façon concrète » pour soutenir son agriculture et ses agriculteurs : « On veut du français dans les rayons et du prix dans nos élevages. »

Toma Dagorn


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