La réunion du Club engraisseurs s’est tenue le 25 novembre sur la SARL de l’Hôtel Beaujot à Plénée-Jugon (22). Antoine et Typhaine Ollivier y gèrent un élevage de 330 taurillons et 60 bovins Ejendu (croisés lait-viande). Lors de la rencontre, un focus a été réalisé sur les rations pour les jeunes bovins en Italie. « Il existe 2 types d’engraissement : le ‘qualitatif’ pour la restauration qui utilise les races piémontaise, blonde d’Aquitaine et parthenaise (60 % de femelles) ; le ‘quantitatif’ pour de la viande transformée, avec des JB limousin, charolais et croisés dans des ateliers de grande taille (plus de 15 000 têtes abattues par an) », a cadré Coralie Masclet, ingénieur ruminants MG2MIX, entreprise proposant des prémélanges/premix qui travaille beaucoup à l’export.
« Pour l’engraissement ‘qualitatif’, la croissance est lente, de 1 200 à 1 300 g/j, avec un poids de carcasse visé de 430-450 kg. Pour le ‘quantitatif’, le GMQ est de 1 500 à 1 600 g/j et le poids de 400-450 kg. »
Après une transition alimentaire de 4 semaines à leur entrée en engraissement, les animaux reçoivent une ration ‘croissance’ sur 120 j, « l’objectif étant de produire du squelette et du muscle. La ration contient 14 % de MAT et ne dépasse pas 1 en UFV. Le taux d’amidon atteint 35 %, alors qu’une ration bretonne avec du maïs ensilage se situe à 30-32 % d’amidon. » Une cure hépato-protectrice est réalisée avant de passer en ration ‘finition’ sur 90 j. La MAT descend alors à 13 %, la teneur UFV monte à 1-1,5 et le taux d’amidon à 39 %. L’objectif « est d’avoir les bonnes quantités de protéine et d’énergie au bon moment. »
Levures vivantes et piment pour sécuriser
Dans leurs formules, diluées avec de la paille à hauteur de 8 %, les Italiens utilisent du maïs, des rafles de maïs, des tourteaux de soja, de la féverole, de la pulpe de betterave, des graines de lin et des minéraux. Les producteurs sécurisent leurs formules avec des additifs : levures vivantes pour limiter les conséquences de l’acidose et un ingrédient à base de piment qui augmente la salivation (pouvoir tampon) et pousse les animaux à s’alimenter plus régulièrement, « ce qui limite la concurrence à l’auge et le pic d’acidose ». Particularité, le maïs utilisé en Italie se retrouve sous 3 formes : 5 % entier pour l’appétence, sous forme de farine (pour la digestibilité) et floconné (pour ramener de l’amidon soluble).
Agnès Cussonneau
Choisir de maïs plus riches ?
« Pour des performances optimales, les éleveurs bretons peuvent s’orienter vers des variétés de maïs ensilage avec 35 % de MS et 35 % d’amidon. Sur ce profil de maïs, une fermentation du silo de 2 mois minimum est nécessaire ainsi qu’un éclatement total du grain », précise Glen Elléouët, nutritionniste Eureden. « Il est possible d’associer un fourrage complémentaire de qualité (enrubannage ou ensilage d’herbe supérieur à 18 % de MAT) sans dépasser 1,5 kg MS par animal. » Attention à « avoir une ration homogène pour éviter le tri. »

