La Cive d’avoine tire son épingle du jeu

Une pression accrue du piétin échaudage est signalée dans les rotations intégrant du seigle en tant que Cive. Arvalis a quantifié l’impact et les alternatives possibles.

Des racines de repousse de céréales dans un champ - Illustration La Cive d’avoine tire son épingle du jeu
Les racines des repousses de céréale servent de relais au piétin échaudage, d’où les symptômes typiques d’attaques de la maladie le long d’anciens andains de paille. | © Arvalis

Le piétin échaudage reste l’une des principales menaces pour les céréales à paille en Bretagne. Cette maladie racinaire, causée par le champignon Gaeumannomyces graminis tritici, peut amputer de 30 à 50 % les rendements du blé et de l’orge, les espèces les plus sensibles. Le seigle et le triticale présentent eux aussi des symptômes, mais avec un impact moindre sur la production. À l’inverse, l’avoine se distingue comme l’une des rares graminées non-hôtes.

Avoine-seigle : une transition intéressante

C’est pour mesurer l’effet des Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétique) sur la pression de cette maladie qu’un essai en microparcelles a été conduit depuis 2023. D’un point de vue temporel, l’implantation et récolte des Cive a eu lieu sur la campagne 2023-2024 (semis 12 octobre 2023 et récolté le 2 mai 2024) puis l’implantation d’un maïs avant de semer le blé a été réalisé sur la campagne 2024-2025. Le GPS RTK équipant le tracteur est indispensable pour revenir exactement au même endroit.

Les premiers résultats sont sans appel

Là où le seigle ou le triticale avaient été implantés, le blé suivant a présenté un système racinaire fortement dégradé, moins de talles et des épis réduits. Les pertes atteignent en moyenne 35 q/ha après seigle et 29 q/ha après triticale par rapport au meilleur scénario : le blé précédé d’avoine. À l’opposé, les modalités sol nu, ray-grass, crucifères-légumineuses et avoine ne montrent pas de différences significatives entre elles, confirmant le rôle protecteur de l’absence d’espèces hôtes. Le mélange seigle-avoine se situe en position intermédiaire avec une perte de 15 q/ha.

Ces observations renforcent l’hypothèse initiale : l’avoine constitue un bon compromis comme Cive pour contenir le piétin échaudage. Sa biomasse est globalement comparable au seigle mais plus variable selon les années, l’espèce est en outre sensible à la jaunisse nanisante de l’orge, à l’oïdium et à la rouille couronnée. Sa précocité plus tardive peut également retarder la date de récolte. Le mélange avoine-seigle peut donc représenter une transition intéressante, en sécurisant la biomasse tout en limitant la pression parasitaire.

Benjamin Collin, Alexane Perret

Activer d’autres leviers

Lorsque seigle, triticale ou orge restent utilisés en Cive, il convient d’activer d’autres leviers : déchaumage régulier pour détruire les repousses, semis de blé plus tardif, traitement de semences Latitude XL ou encore éviter le chaulage avant céréales. Autant de pratiques qui permettent de réduire la pression, sans l’annuler totalement.


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