« L’aménagement de logettes avait un coût élevé », indiquent les trois associés du Gaec qui recevaient des visiteurs lors d’une porte ouverte Innov’action, en juin dernier. « Nous avons cherché une autre solution en faisant un essai avec des plaquettes et ça s’est bien passé. Nous avions aussi visité une ferme qui en utilisait ». Exit la paille, pour partie achetée auparavant. « On a tâtonné au début. On en mettait sans doute un peu trop ». Actuellement, la technique est rôdée. « La litière tient une quarantaine de jours en hiver, deux mois en été. Elle est remuée deux fois par semaine au cultivateur. L’opération nous prend un peu plus de cinq minutes ».

La vidange et le remplissage prennent une journée, à deux. Les plaquettes, qui ont l’avantage de ne pas produire de poussières, sont récupérées dans les environs, à la scierie Soulaine de Questembert, via des paysagistes, voire chez des particuliers (toutes essences). « Nous avons désormais un petit réseau dans le secteur. Le coût, qui est équivalent à la paille, comprend essentiellement le broyage (prestation par entreprise spécialisée) et le transport réalisé par le Gaec, à moins de 30 km, ou par transporteur au-delà ». Le temps de travail s’est considérablement allégé (pas de paillages réguliers). Les laitières disposent de 9 m2 de surface chacune. Les associés espèrent avoir un peu moins de curages à faire dans l’année grâce à l’installation de ventilateurs dans le bâtiment pour parer aux coups de chaleur (investissement de 50 000 € pour le système de ventilation). « La litière reste sèche plus longtemps. On espère gagner une quinzaine de jours entre chaque curage ». Les laitières se sentent aussi bien qu’auparavant (pas de problème sanitaire).
500 kWc de photovoltaïque
Les plaquettes sont stockées sous un nouvel hangar de 1 700 m2 équipé de panneaux photovoltaïques en toiture et d’une surface bitumée au sol (coût divisé par deux par rapport au béton). En parallèle de ce bâtiment, un second hangar neuf de 1 100 m2, lui aussi équipé des panneaux solaires, a été construit pour stocker du matériel et des fourrages. La puissance des deux couvertures est de 500 kWc, au total. Le Gaec a pour projet d’installer des panneaux sur la toiture de l’étable pour de l’autoconsommation. « Cette installation aura une puissance de 315 kWc. 8 % de la production servirait aux besoins de la ferme (robots) et 92 % sera revendue ». Les 8 % autoconsommés couvriraient près de la moitié des besoins.
Bernard Laurent
Repères : 3 UTH – 1,4 million de litres de lait – 450 places de porcs à façon – 1 200 m2 de poulailler (poulets de chair) – 240 hectares – 83 ha de maïs – 27 ha de céréales – 14 ha de blé noir – 10 ha de pois et haricots – 106 ha de prairies – 2 700 m2 de panneaux photovoltaïques (vente).
Des associés polyvalents
L’exploitation compte trois sites de production. En 2021, le Gaec a repris un atelier porc à moins d’un kilomètre du siège où sont les vaches. En 2024, à l’installation de Pierre-Alexandre, un poulailler de 1 200 m2 a été repris, à 3 km. La surface est actuellement de 240 hectares. Les trois associés tournent chaque semaine sur les trois ateliers (gestion des robots, alimentation et porcs-volailles), afin d’en maîtriser, chacun, la conduite et faciliter le travail du weekend et les remplacements pendant les vacances. Ils y voient aussi un moyen de casser la routine. Ils sont d’astreinte un weekend sur trois et prennent 4 semaines de vacances dans l’année (objectif d’en prendre cinq). Le Gaec adhère à la Cuma locale, avec chauffeurs (récoltes, pulvérisateur, semis de maïs, pressage foin, enrubannage). Un travail réalisé par la Chambre d’agriculture a permis d’estimer le temps de travail hebdomadaire, à 54 heures par semaine, ce qui constitue, selon eux, un point de vigilance.
2,4 à 2,9 traites selon la période de l’année
Deux robots de traite ont été installés en 2021 suite à la reprise d’une ferme voisine. Le nombre de traites quotidiennes par vache évolue de 2,4 à 2,9 selon la période de l’année car les vaches ont accès au pâturage en période de pousse. La moyenne de production, dans l’année, est de 33 litres par jour, à 43 de TB et 33 de TP. Toutes les génisses sont génotypées. Les meilleures, destinées au renouvellement du troupeau sont inséminées avec de la semence sexée, comme les 10 % des vaches les plus intéressantes au niveau génétique. La moitié des autres animaux ont des semences conventionnelles et l’autre moitié, des semences de taureaux à viande. L’élevage adhère à la stratégie de renouvellement proposée par Innoval. Leur logiciel propose des accouplements ciblés en fonction des objectifs recherchés.