Une méthanisation par voie sèche de 500 kW

14586.hr - Illustration Une méthanisation par voie sèche de 500 kW
Le percolat est stocké dans un digesteur de 900 m3, celui-ci sert aussi au stockage du biogaz avant épuration et valorisation par le moteur de cogénération .
Benoît Riou a mis en service sa méthanisation par voie sèche en juillet 2021. La montée en puissance se fait progressivement et l’unité atteint à ce jour une puissance de 340 kW.

Dès 1999, Benoît Riou, éleveur de volaille à Saint- Servais (29), a dû composter ses fumiers car son élevage produisait plus de 20 000 unités d’azote. En 2003, il décide de créer une plateforme de compostage pour traiter ses fumiers, les excédents de fumier de 5 exploitations voisines et des déchets verts. « Je lance un projet de méthanisation en 2006 avec 2 partenaires mais c’était trop grand et il a été abandonné 2 ans plus tard. J’ai repris le projet en 2012, en le dimensionnant sur la quantité d’effluents que je rentrais sur ma plateforme de compostage. L’idée était d’ajouter une valorisation énergétique pour ces effluents avant la valorisation agronomique », retrace Benoît Riou.

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Chacun des 4 tunnels béton reçoit 450 m3 de matière lors de chaque cycle de 28 jours.

Produire de l’énergie avant le compostage

L’éleveur est parti sur une méthanisation en voie sèche du fait des matières essentiellement solides entrant sur la plateforme de compostage. « L’idée est de transférer le digestat après le process de méthanisation sur la plateforme de compostage pour que le produit puisse être normé NFU 44051. Pour ce faire, j’y intègre de la matière fraîche et il passe en ventilation forcée durant 5 semaines pour relancer une fermentation. Il va monter à une température de plus de 70 °C pendant 4 semaines ce qui permet de l’hygiéniser et de sortir un produit normé qui n’est plus soumis à un plan d’épandage », explique Benoît Riou. L’unité de méthanisation en cogénération est en capacité de traiter 11 000 tonnes d’intrants pour une puissance de 499 kW.

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Une fois la porte fermée, un joint d’étanchéité est ensuite gonflé pour que le tunnel soit bien étanche.

3,3 millions d’euros d’investissement

Elle a été mise en service en juillet 2021 et cela représente un investissement de 3,3 millions d’euros dont il faut déduire 18 % de subventions versées par l’Ademe. « Nous sommes toujours en montée en puissance car aujourd’hui nous atteignons entre 320 et 340 kW de puissance. Cela traîne un peu car le constructeur connaît des difficultés économiques et les modifications à effectuer pour optimiser la production ne se font pas aussi vite que je le souhaiterais. La bonne surprise est que les charges de fonctionnement sont plus faibles que sur le prévisionnel ce qui me permet de m’en sortir financièrement. »

4 tunnels de production

L’unité par voie sèche est composée de 4 tunnels construits sous un grand hangar de stockage. Chaque tunnel béton reçoit 450 m3 de matière. Une fois le mélange chargé, une barrière de protection est installée pour protéger la porte, puis celle-ci est fermée. Un joint d’étanchéité est ensuite gonflé pour que le tunnel soit bien étanche. « Le mélange dans le tunnel est alors aspergé avec du percolat. C’est lui qui contient les bactéries qui vont permettre de lancer le process de méthanisation. Le percolat est stocké dans un digesteur de 900 m3 qui est chauffé grâce à la chaleur récupérée au niveau du moteur de cogénération. Nous travaillons en circuit fermé avec ce percolat à 42 °C qui vient asperger les 4 tunnels toutes les 6 minutes pour obtenir un mélange à 38 °C de température constante. Nous incorporons environ 30 m3 de matière liquide (lisier ou eau pluviale) chaque semaine dans le digesteur pour compenser la déperdition liée à l’aspersion des 4 tunnels », décrit Benoît Riou. Le stockage de la production de biogaz des 4 tunnels se fait dans le digesteur avant de rejoindre le poste de traitement puis le moteur de cogénération. Le prochain projet est d’utiliser une partie de la chaleur venant de la cogénération pour sécher le compost avant sa commercialisation.

Un cycle de 28 jours

Un cycle de méthanisation dans un tunnel dure 28 jours. Cela représente donc un tunnel à vider et à remettre en production chaque semaine. « Nous rentrons un mélange à 60 % de matière sèche (MS) pour sortir un digestat à 35 % de MS au bout de 28 jours. Nous incorporons entre 65 et 90 tonnes de digestat à la matière fraîche afin de récupérer les bonnes bactéries et ainsi accélérer la fermentation en début de cycle. »

Un commentaire

  1. Delorme

    Bonjour j habite à 200m d un metaniseur odeurs très forte stokage à l air libre mais l’odeur viens plus au moment du chargement et du broyage insupportable à des km je pense pas au normes déjà le stockage devrais être fermé avec aspirateur et filtres mais vraiment une merde

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