Agrivoltaïsme

Les responsables agricoles sont, dans leur majorité, hostiles à l’implantation de panneaux photovoltaïques dans les champs. Par dogme, par conservatisme ou par frilosité, ils bottent souvent en touche en arguant qu’il faut d’abord couvrir les toits avant les terres agricoles. Soit. Mais s’il faut parvenir à l’objectif de 100 GWc d’énergie photovoltaïque pour 2050, fixé par le président Macron, les toits de France risquent de ne pas suffire. Prétexter qu’implanter des panneaux photovoltaïques dans les champs menace la production alimentaire tient de la gageure. Aujourd’hui, 700 000 ha consacrés à la production de biocarburants sont déjà soustraits à l’agriculture nourricière. Déployer l’agrivoltaïsme sur 1 % de la SAU, soit moins de 300 000 ha, permettrait de répondre à l’objectif fixé par le président de la République. Et cela sans réduire la production pour l’alimentation humaine puisque les nouvelles générations de panneaux solaires permettent de pratiquer à peu près n’importe quelle production agricole : céréales, fourrages, arboriculture et même bovins. Et cela sans altérer le rendement car les plantes ne captent qu’un tiers du rayonnement qui arrive au sol. La position de la profession semble donc anachronique et passablement peu visionnaire. En s’arc-boutant sur ses préceptes, elle ouvre grand le champ aux géants de l’énergie qui se positionnent en contactant les propriétaires de foncier. Elle prive à terme les agriculteurs, et particulièrement les éleveurs, de revenus complémentaires indispensables au maintien de l’élevage. Elle soutient indirectement la fuite potentielle de valeur ajoutée des territoires ruraux. Plus que camper sur des positions, la profession a plutôt le devoir de réfléchir à cette transition qui, de toute façon, s’imposera et, surtout, de l’organiser pour mieux la maîtriser….

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