Sec

Il y a peu, les projections sur le changement climatique élevaient la Bretagne comme un des derniers ilots de fraîcheur en France. Comme une oasis verte et tempérée dans un océan de sécheresse et de chaleur. L’été 2022 montre que les meilleures modélisations mathématiques et prédictions s’embrasent comme landes des Monts d’Arrée un après-midi suffoquant de juillet. De certitude il semble ne plus en subsister. Le mythique temps breton ne résiste en fait, pas plus qu’un autre, aux vagues de chaleur et aux sécheresses qui assaillent la planète à une cadence de plus en plus rapide et avec une amplitude de plus en plus inquiétante. Sans les miraculeuses pluies de juin, les champs bretons seraient comme les paillassons de 1976 dont se souviennent les plus anciens. Mais, de cette pluie salutaire pour les cultures de printemps, il ne reste que le souvenir. Les réserves en eau du sol sont épuisées ; dans les parcelles les plus séchantes le maïs s’enroule en cigarette, phase ultime avant la dessiccation complète ; les prairies sont foin sur pied et des parcelles sonnent le glas de la « fin des haricots ». Certes une hirondelle ne fait pas le printemps et la météo d’un été ne fait pas le climat de 2030. Mais les experts s’accordent à dire que les événements qui se succèdent depuis une vingtaine d’années sont les signes visibles du dérèglement climatique. De plus en plus d’agriculteurs concèdent que cette succession d’événements météorologiques remet en cause l’équilibre de leur exploitation et envisagent des changements en profondeur de leur système. Clairvoyants, ces pionniers savent que les adaptations à la marge ne suffiront pas. La profession devra elle aussi faire sa révolution agriculturelle. Est-elle prête et préparée ?…

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