Enracinés à leur bocage

12136.hr - Illustration Enracinés à leur bocage
Katell Guéguen et Romain Alexandre.
Katell Guéguen et Romain Alexandre ont décrit le bocage ancien présent sur leur ferme à des élus du territoire. Ils ont été récompensés en mars dernier lors du Salon de l’agriculture pour leur gestion des haies et talus.

Le Gaec de Wezenn Dero, créé dans les années 70 à Saint-Vougay, faisait déjà la part belle aux chênes et hêtres « alors que la tendance était plutôt de les enlever. Mes parents ont laissé une grande diversité d’arbres », note Katell Guéguen. Depuis, elle a repris le flambeau de cette ferme laitière avec Romain Alexandre. Le troupeau en race montbéliarde est conduit à l’herbe et aux betteraves fourragères. Le 4 mars dernier, lors du Salon de l’agriculture, quatre exploitations agricoles françaises ont été récompensées pour les travaux de plantation d’arbres ou pour la gestion des haies et du bocage. Les associés de ce Gaec ont été récompensés de la seconde place dans la catégorie gestion. Ce mercredi, ils ont ouvert les portes de leur site en accueillant élus, organisateurs et mécènes de l’évènement.

Deux semaines de travaux par an

Ce maillage bocager protège le troupeau, favorise la biodiversité et stocke du carbone, « une façon de répondre et de s’activer à notre échelle contre le réchauffement climatique ». 100 m de haie ont été plantés depuis l’installation des deux agriculteurs. « On pense souvent que planter des arbres est contraignant car l’entretien demandera du temps et de l’argent. Pour répondre à ces freins, je précise que les travaux d’élagage nous prennent 2 semaines par an, dans une période hivernale où le planning est moins rempli », explique Romain Alexandre. En gérant les 16 km de maillage bocager ancien, les producteurs jouent aussi un rôle primordial dans la qualité de l’eau du Kerallé, petit ruisseau coulant à proximité des pâtures.
Jusqu’à 5 m de hauteur, l’élagage est réalisé avec le matériel de la ferme. « Au-delà, nous faisons appel à une entreprise, capable de monter 2 à 3 m plus haut ». Le bois récupéré sert à chauffer 3 logements.

Nids à biodiversité

Les petites branches issues de ces entretiens « ne sont ni broyées, ni brûlées. Elles sont déposées en tas dans un coin des champs, c’est ainsi un hôtel à insectes ! », note Katell Guéguen. Même état d’esprit pour le lierre s’enroulant autour des grands troncs, qui est laissé sauf en prévision de travaux d’élagage. « Le lierre est une des dernières espèces à fleurir en hiver, il apporte de la nourriture aux oiseaux, protège aussi le tronc de l’arbre ». Ce lierre est enfin indicateur de l’état de vieillissement des arbres : il se développera dans des végétaux moins feuillus ou en fin de vie, qui laissent passer plus de lumière.


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