Pour une méthanisation cohérente aux mains des paysans

10415.hr - Illustration Pour une méthanisation cohérente aux mains des paysans
Plus de 50 % des nouveaux projets de méthanisation bretons se font en Ille-et-Vilaine.
La FDSEA 35 a pris position sur le développement de la méthanisation qui doit être la continuité de l’élevage, utiliser au minimum 65 à 70 % d’effluents avec un complément de cultures, avec des investissements portés par les agriculteurs pour conserver la valeur ajoutée.

En Bretagne, plus de 50 % des nouveaux projets de méthanisation se font en Ille-et-Vilaine de par le réseau de gaz déployé tout autour de Rennes. GRDF a aussi beaucoup communiqué auprès des agriculteurs pour leur faire découvrir et les inciter à se lancer dans la méthanisation par injection.

Diversifier les revenus

La FDSEA 35 a donc souhaité prendre position et tracer une sorte de feuille de route permettant de cadrer le développement de ces projets de méthanisation. « Un encadrement des projets est nécessaire afin que les éleveurs, encore nombreux dans notre département, ne soient pas pénalisés par une concurrence nouvelle sur l’usage du foncier, la production de fourrages et notamment du maïs mais aussi sur le devenir des effluents », lance Cédric Henry, président de la FDSEA 35, lors d’une conférence de presse le 23 novembre à Rennes.
Pour la FDSEA, la méthanisation, qui est une réponse aux enjeux climatiques, ne peut se faire qu’en complément des activités d’élevage, dans une logique de diversification des revenus et de meilleure valorisation des effluents. « La priorité doit être donnée aux unités de méthanisation à capitaux agricoles majoritaires, afin que les paysans restent maîtres des projets et en tirent un bénéfice économique. Les agriculteurs ne doivent pas devenir des apporteurs de matières pour des industriels qui capteraient alors toute la valeur ajoutée », indique Cédric Henry.

Ne pas nuire aux élevages

Afin de ne pas nuire aux élevages, la FDSEA 35 demande que les projets se basent sur l’incorporation d’effluents d’élevage à hauteur de 65 à 70 % minimum de la ration avec la possibilité de complément par des cultures afin d’optimiser les rendements et sécuriser le système. « L’incorporation de maïs ensilage dans les digesteurs doit être raisonnée et limitée afin d’éviter de créer de la pression foncière mais aussi une pression sur le prix du maïs qui pourrait être préjudiciable pour les éleveurs », précise Laëtitia Bouvier, secrétaire générale de la FDSEA 35. Le syndicat insiste aussi sur la nécessité de bien se former avant de se lancer dans une telle aventure. Il est aussi très important de communiquer localement sur son projet pour rassurer la population et limiter le risque d’opposition.

Une équité de traitement

Dans un souci d’équité de traitement, les responsables de la FDSEA 35 demandent que les mêmes règles administratives et environnementales ainsi que le tarif de rachat s’appliquent sur les projets par cogénération et injection, ce qui ne serait pas le cas actuellement. « Nous souhaitons la mise en place d’un cadre de contrôle clairement défini et demandons que ces contrôles soient réalisés à la fois chez les méthaniseurs agriculteurs mais aussi chez les industriels », déclare Cédric Henry.


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