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Place au paillage biodégradable

Le maïs en direct

Les fournisseurs cherchent des films plastique de plus en plus fins pour limiter les coûts. Le surcoût de ces nouvelles technologies risque de faire baisser de 40 % la demande sur le marché des plastiques, en particulier en maïs.

Les nouveaux films biodégradables qui apparaissent sur le marché, suite à l’interdiction depuis le 1er janvier 2021 de la vente de films plastique oxo ou photodégradables, sont plus fins… et plus chers. Le coût de la technologie a quasi doublé le prix de vente. Si actuellement, de nouvelles technologies permettent de passer à des épaisseurs de 7-8 microns (µ), au lieu des plastiques de 10-12 µ utilisés jusqu’alors, on peut supposer que la recherche tente d’affiner encore ces produits pour en baisser le coût de production, avec le défi technique de retenir la vapeur d’eau sous cette « serre tropicale », d’avoir une dégradabilité stable du paillage tout en garantissant une bonne couverture du sol durant 6 semaines. Une durée nécessaire pour assurer un bon réchauffage du sol, limiter l’évaporation, et garantir un bon développement du maïs au démarrage.

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L’élasticité du plastique se perd avec le temps ; il « file » ou se rompt sous l’action du vent et partira en morceau dès un passage d’outil de travail du sol (ici pose + 8 semaines).

3 à 4 °C de moins avec un plastique opaque

Cet effet sur le sol et la vigueur du maïs est bien visible sur ce semis du 30 avril (photo), entre une première rangée à gauche où le paillage a été mal posé, un film transparent Ecobio de 8 µ de chez Barbier et le plastique noir de 7 µ de chez Reyenvas. « Comme tous les paillages opaques, ce dernier réchauffe moins bien le sol, les infrarouges ne traversant pas les plastiques. On perd de 3 à 4 °C entre un paillage noir et un transparent », note Philippe Perrinet, responsable des achats pour le réseau Impaact. Par contre, son effet herbistatique est plus efficace. Les paillages verts présentent des résultats de réchauffement du sol intermédiaires. Un désherbage en présemis a été effectué : « Il ne s’agit pas de laisser les adventices profiter de cette serre tropicale sous le plastique… ». Testés sur une plate-forme à Iffendic (35), ces nouveaux produits biodégradables ont été présentés le 24 juin par IDS (Innovation Demeuré solutions), GN Solutions, Demeuré et Bonenfant.

Ces solutions alternatives sont dégradées à 100 % en moins de deux ans après avoir été enfouies dans le sol. C’est la grande révolution par rapport aux anciens plastiques photodégradables qui n’évoluaient plus une fois enterrés, et les oxodégradables qui se micro-fragmentaient dans le sol.

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Des cannes de maïs plus épaisses

Testés depuis 3 ans, les fournisseurs améliorent sans cesse la technicité, vis-à-vis de l’élasticité et de la dégradabilité de leur produit. Les résultats peuvent donc être divergents entre saisons. Cette année, des produits comme le paillage alternatif Nubio, de chez Barbier, se distingue du lot. « Le produit s’est bien comporté et a permis un beau développement du maïs. » Si le maïs était à 8 feuilles le 24 juin, au même stade que les rangées paillées avec des films Reyenvas et Samco voisins, les cannes du maïs sont plus épaisses : « Un critère important de l’efficacité du plastique sur la vigueur du maïs au démarrage de la culture. Il devrait exprimer plus de rendement », assure Philippe Perrinet.

Le maïs subit l’assaut du vent
Localement quelques parcelles de maïs ont subi l’assaut du vent, avec des plants couchés, voire arrachés, lors de la nuit de lundi à mardi, comme ici dans la région de Morlaix (29).

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