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Les veaux doivent démarrer en trombe

La québécoise Déborah Santschi rappelle le « lien clair  » entre le GMQ des deux premiers mois du veau  et la production de la future laitière. Elle plébiscite le suivi strict des croissances pour « gagner des euros  » en abaissant l’âge au premier vêlage. 

Selon Deborah Santschi, experte en nutrition, l’une des principales marges de progrès et d’économie dans les élevages laitiers concerne la diminution de l’âge au premier vêlage. « Il faut saisir cette opportunité car les génisses d’aujourd’hui sont prêtes pour cela.  » Dès la naissance, il n’y a pas une minute à perdre. Elle rappelle l’importance de faire avaler « dans la première heure de vie chaque fois que c’est possible » un colostrum de qualité en quantité suffisante. « Pour s’assurer d’apporter les 200 mg d’immunoglobulines indispensables au veau, un outil d’évaluation comme le réfractomètre est indispensable. Sans cela, on peut se tromper fortement…  » Elle insiste aussi sur l’hygiène de l’environnement (case) et du matériel (seau, tétine, biberon, sonde, matériel de traite…). « Sinon, on fait avaler plus de bactéries que d’Igg. »

« Ne pas freiner le veau »

Partisane d’un apport soutenu de lait, Deborah Santschi conseille de ne « pas freiner le veau », mais au contraire de suivre son appétit. Du lait de la mère avant de passer à une poudre de qualité (riche en protéines) au 4e jour. Comme repère, elle parle de 8 L de buvée par jour à 8 jours. La Québécoise rassure l’éleveur qui craint que le veau qui boit beaucoup de lait n’apprenne pas à consommer suffisamment les autres aliments : « La génisse peut ingérer 2 à 2,5 % de son poids en quantité de matière sèche sous forme de concentré. Avec beaucoup de lait, elle grandit plus vite et donc a la capacité de manger plus de sec ensuite.  » Les deux premiers mois de vie sont « critiques » en termes de santé et nutrition : « Chaque 100 g de GMQ en plus avant sevrage, c’est du lait supplémentaire produit en 1re lactation.  »

Ne pas faire confiance à son œil

Le chemin « pour maximiser le potentiel des génisses et récupérer des euros » est tracé : 100 kg de poids vif à 2 mois, 200 kg à 6 mois, 400 kg vers 13 mois (« à 55 % du poids mature ») pour l’IA… « Si l’objectif à l’âge de 60 jours n’est pas atteint, la génisse ne sera pas au vêlage à deux ans. Il y a quelque chose à revoir », met en garde la nutritionniste. Son postulat : on ne peut pas améliorer ce qu’on ne mesure pas. « Pas question de faire confiance à votre œil. La seule façon de savoir si vos génisses vont bien, si vos pratiques sont adaptées et de piloter finement vos coûts alimentaires est de réaliser un suivi de croissance.  » Rare au Québec, la balance est « idéale » en termes de précision. «  Mais chez nous, beaucoup se servent de la mesure du tour de poitrine avec un ruban tout simplement.  »

Points à évaluer pour une croissance réussie
Que faire quand les génisses n’atteignent pas les objectifs de croissance ? Deborah Santschi propose d’abord de se pencher sur le début de vie : colostrum, plan lacté, aliment solide et constance au quotidien. « Ensuite, le sevrage doit se faire en douceur.  » Enfin, d’autres aspects doivent être évalués : logement (espace par veau, réduction de la compétition), hygiène (équipement, logement), qualité de l’air, qualité des aliments (fourrages et pâturage, source de protéines), accès à l’eau…
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