Côtes d'ArmorÉlevage

Le distributeur qui remplace la truie adoptive

Ronan Abbé, de Bourseul (22), a acheté un distributeur automatique de lait reconstitué qui procure une grande souplesse d’utilisation.

« C’est au salon Eurotier, en Allemagne, que j’ai vu le système, il y a deux ans », indique Ronan Abbé, à la tête d’un élevage de 200 truies conduites en 7 bandes, sevrage à 28 jours. « Avant d’acheter l’appareil, je distribuais un peu de lait en augette, à certaines portées. C’était fastidieux et peu efficace ». Les adoptions sous une truie adoptive n’étaient pas ou peu pratiquées en raison de la conduite et des risques sanitaires. « J’équilibre les portées après les mise-bas, j’étais un peu dégoûté de voir que certaines truies n’étaient pas capables d’élever leurs porcelets, beaucoup décrochaient dès les premiers jours ». Le distributeur automatique à réglé une bonne partie du problème. « L’appareil est simple, facilement déplaçable (10 kg) ; je l’utilise de différentes manières ». La principale consiste à placer le distributeur entre deux cases et de répartir les porcelets d’une troisième portée dans ces deux cases, qui ne sont plus séparées (ouvertes sur le couloir chez Ronan Abbé).

3 truies impliquées

Deux truies se retrouvent donc avec une quarantaine de petits pendant que la troisième, utilisée comme adoptive, récupère les plus chétifs de la bande. « Je choisis des portées assez lourdes, souvent les premières nées de la bande, le mardi. Je réalise l’opération le samedi. L’essentiel, c’est que les truies soient calmes et maternelles, car elles se retrouvent avec beaucoup de petits ce qui pourrait les stresser  ». Le nombre d’écrasés n’a pas augmenté. Le lait est distribué jusqu’à 21 jours d’âge des porcelets. À trois semaines, les plus gros sont sevrés pour laisser les autres téter les truies jusqu’au sevrage de la bande. L’éleveur estime que l’appareil est également intéressant dans le cas où une truie met bas un peu plus tardivement, après avoir équilibré les autres portées. « Dans ce cas, s’il y a beaucoup de porcelets, je pratique la tétée alternée pour qu’ils puissent tous avoir du colostrum puis je mets le distributeur dès le deuxième jour  ». En cas de mortalité d’une truie, l’appareil prouve également son intérêt.

Un 2e distributeur acheté

Le distributeur coûte 700 € et, sur l’élevage, un sac de 25 kg de lait en poudre est consommé à chaque bande, en moyenne (67 €). Près de 13 porcelets sont sevrés par portée, à 8 kg de moyenne. Preuve de sa satisfaction, l’éleveur a acheté un deuxième appareil. « Pour pouvoir à la fois réaliser le système d’adoption à trois truies et éventuellement soulager les dernières à mettre bas ». En parallèle de cette phase lactée, l’éleveur distribue un aliment starter puis le 1er âge.

Facile à utiliser et à entretenir
L’éleveur reconstitue le lait matin et soir. « Avec de l’eau chaude du réseau (eau minérale du commerce si trop chlorée). Cela me prend cinq minutes à chaque fois. Je verse le lait dans la réserve de l’appareil et une distribution est programmée toutes les heures (reproduisant le cycle de la truie). J’ajuste la quantité progressivement en programmant la durée de distribution ». Le sanitaire ne s’est pas dégradé. « Le lait est consommé rapidement, en petite quantité. Il n’y a pas de diarrhées  ». Le système de distribution est nettoyé intégralement une fois par semaine.

Un équilibre s’opère dans les cases

7848.hr

L’éleveur va remplacer ses augettes par des rectangulaires, même s’il juge que le système fonctionne correctement. « Si les plus gros boivent le lait distribué, ils délaissent la tétine ; s’ils restent à la tétine, les plus petits boivent à l’augette. Un équilibre s’établit entre la quarantaine de porcelets, les deux truies et le distributeur ». Les animaux sont homogènes au sevrage.

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