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Un maillage de haies pour valoriser les terres

Hervé Le Sergent, à la Chapelle-Neuve (56), poursuit un programme de plantations entamé il y a une douzaine d’années pour lutter contre l’érosion des sols.

Le remembrement, entrepris par les parents il y a quelques décennies, avait permis à la ferme de Tal Len d’avoir fière allure avec des parcelles de grande taille, comme un peu partout dans la région. Les prairies, implantées pour l’élevage laitier, masquaient les excès de l’opération. « En 1992, après avoir repris la ferme familiale, j’ai cessé l’élevage laitier pour produire du porc et des cultures. Les problèmes de ravinement et d’érosion après les semis (plus fréquents) se sont vraiment accentués ». Dans le cadre du 1er programme Breizh Bocage sur la commune de La Chapelle-Neuve, Hervé Le Sergent a planté 1,5 km dont la moitié en billons et talus. « C’était vraiment du curatif. À certains endroits, il fallait stopper l’écoulement des terres fines ». En 2010, l’éleveur de porcs à l’engrais, associé d’une maternité collective, poursuit son travail de plantation sur sa ferme de 70 hectares. « Il s’agissait, cette fois, de refaire le maillage bocager. Connecter les haies existantes entre elles, faire des corridors écologiques ». Il plante également en sommet de crête pour protéger ses cultures du vent. « C’est un investissement mais je n’avais pas d’autres projets importants  ».

Un lien avec le voisinage

Cet hiver, l’ancien conseiller municipal, qui a eu l’occasion, à plusieurs reprises, de sensibiliser des collègues aux bienfaits des talus, suite à des écoulements de terre de leurs champs sur la route, réalise de nouveaux travaux : 1,6 km de haies. « Cette fois, je pense que les dégâts du remembrement seront effacés ». Et peut-être mieux, car les parcelles conservent une taille suffisante pour y travailler avec de gros engins. « Au moment de la transmission, la ferme sera attractive pour un jeune. Les plantations donnent une valeur ajoutée au foncier, un cadre de vie agréable pour le repreneur et pour les habitants du secteur. Je pense que les agriculteurs doivent apporter leur contribution pour protéger la biodiversité ». Arbres de haut jet, fruitiers, arbustes buissonnants (1 075 plants au total) fourniront, à terme, de la nourriture à la faune et du bois à l’agriculteur pour une charge financière nulle à la plantation*. « Après les travaux de plantation, il n’y a pas de grosse intervention. J’entretiens au pied des plants, mais pas plus. Il faut observer et trouver un juste milieu. Dans les haies les plus anciennes, une végétation spontanée s’est implantée progressivement. La ronce est le berceau du chêne ». L’agriculteur incite les communes à développer les chantiers participatifs avec les scolaires et les seniors. « La haie est la propriété de tous, car financée par la collectivité. Les chantiers peuvent créer du lien avec le voisinage ». Le 28 janvier prochain, il en parlera lors d’une porte ouverte organisée par le Syndicat de la vallée du Blavet et le Civam 56. Avec la passion d’un convaincu…

*Prise en charge par le Syndicat de la vallée du Blavet, l’Europe, le Département et l’Agence de l’eau.

Du bois pour la construction d’une porcherie
En 2010, l’abattage de Douglas, de chênes et de châtaigniers, dans un bois de la ferme, a permis de fournir le bois nécessaire à la construction d’une porcherie d’engraissement (intervention d’une scierie mobile). « J’ai favorisé la repousse naturelle d’arbres. La nature a très bien fait le travail ». L’agriculteur chauffe sa maison avec du bois bûches. « Désormais, je laisse les branchages dans un coin du champ pour servir de niche écologique et favoriser la biodiversité ».
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