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Du foin pour pailler les légumes

Arnaud Madec chasse les consommations de carburant sur sa ferme maraîchère. Il limite au maximum l’utilisation de son tracteur pour le travail du sol. Ses planches sont paillées par du foin.

L’organisation de la ferme maraîchère d’Arnaud Madec a fait l’objet de changements drastiques depuis son installation, en 2005. Ce Plabennecois a repensé sa façon de produire pour limiter au maximum son empreinte carbone. « J’ai testé la traction animale pour un meilleur bilan énergétique de mes cultures », témoigne-t-il lors d’une journée de présentation organisée par le Gab 29. Ce recours aux animaux est abandonné car ne convenant pas toujours à des opérations précises de désherbage, comme pour du binage. Alors, c’est vers la permaculture que l’agriculteur se tourne, en se séparant de son matériel de travail du sol devenu inutile.

Paillage au foin

Le paillage des planches en TTCR (Taillis très courte rotation) de saule est dans un premier temps pratiqué, puis le maraîcher s’essaie au foin, en s’inspirant de l’ouvrage de Didier Helmstetter « Le potager du paresseux ».
Très vite, les cultures sous serre sont recouvertes de foin produit sur la ferme, grâce à 2 fauches annuelles réalisées sur les prairies humides. « L’ETA locale presse 40 bottes de 300 kg chacune ». 1 round-baller convient pour tapisser 100 m2. Cette couverture multi-usage « engraisse la terre et favorise la biodiversité ». Épandu à la main, ce foin de paillage ne nécessite plus de passage de tracteur. La place disponible autour des serres est alors optimisée, plus besoin de zone de manœuvre pour les engins.
Sur l’émergence des adventices, Arnaud Madec estime que si les rumex ne posent pas de problèmes, les renoncules et les liserons doivent être maîtrisés par une stratégie d’épuisement. Les mauvaises herbes germent dans le foin, mais « il suffit de le remuer et de le soulever pour épuiser ces adventices. C’est très facile car le foin est léger, 10 minutes suffisent pour 50 m2 ».
Pour les cultures de plein champ, même stratégie de recouvrement par du foin. « Il fond en se dégradant évidemment plus vite, il faut alors utiliser divers engrais verts ». Le Finistérien ne s’interdit pas d’utiliser des bâches pour de l’occultation, mais préfère limiter au maximum la pratique.

Diminuer toutes les charges

Le maraîcher continue la chasse aux consommations superflues de carburant, de bâches plastiques, et de toutes autres charges, en se « réappropriant le métier de paysan, avec la production de mes semences et de mes plants ». Des variétés plus rustiques sont semées ou plantées, les cultures sont associées ou contre-plantées. « Je raisonne en volume, pas en surface. Les blettes sont par exemple plantées sous les plants de tomate, avant leur récolte ». Sous abri, le raisin vient pousser en hauteur sur la structure de la serre quand des courges sont cultivées en plein sol.

Économie d'eau
Une autre économie indirecte est observée sur la ferme, par des consommations d’eau distribuées au goutte-à-goutte « qui ont été divisées par 2 ! » Une bonne structure du sol, bien organisée par le travail des vers de terre, est sans doute une explication à ces planches capables de retenir l’eau.
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