ÉlevageIlle-et-Vilaine

Ovin : Dix ans pour s’approprier le système le mieux adapté

Après de nombreux essais, Guillaume Ménage, installé à Iffendic (35), a opté pour la race et le système alimentaire qui lui conviennent le mieux à lui et à son parcellaire.

Alignées aux cornadis, des brebis gestantes échographiées il y a un mois attendent le verdict. Une douzaine d’éleveurs en formation « Maîtriser l’alimentation des ovins pour garantir une meilleure santé », organisée par le GDS Bretagne, jeudi 8 octobre, s’apprêtent à évaluer leur notation d’état corporel. Un lot qui s’avère hétérogène et qu’il va falloir préparer à la mise bas, prévue pour la mi-novembre, en augmentant la distribution de concentrés et de foin.

Des agnelages toute l’année

« À plus d’un mois de l’agnelage, elles sont toujours au pâturage, dans de grandes parcelles », explique Guillaume Ménage, accueillant le groupe sur son exploitation à Iffendic (35). Même si les petits parcs le tentent, les gros paddocks sont une obligation pour gérer les 5-6 lots d’animaux de 20 à 120 brebis, avec des mises bas étalées sur l’année, lui permettant de répondre aux demandes de son circuit de commercialisation en vente directe : des ventes en GMS et bouchers locaux qui lui achètent à lui et 3 autres éleveurs de 15 à 60 agneaux par semaine. Ces débouchés lui permettent d’écouler des agneaux lourds, jusqu’à 25 kg : « La race suffolk correspond bien à ce marché », rapporte-t-il.

Un choix définitif sur la Suffolk

Les têtes noires sont en effet de plus en plus nombreuses dans le troupeau car cette race « calme » lui convient à lui aussi, ainsi qu’à son parcellaire. « J’ai essayé beaucoup de races : le Texel était présent dans le troupeau acheté il y a 10 ans, j’avais alors aussi investi dans 150 Romanes. Ces dernières ne se sont pas adaptées au terrain. Je les ai croisées avec des béliers Île-de-France, puis arrêté ; un essai avec du Texel dont le comportement me plaisait a suivi mais les brebis ne se désaisonnaient pas assez. Le Suffolk répond à mes attentes avec, à la clé, moins de problèmes de pieds. »
Sur un sol décrété « terre à moutons », sec l’été et humide l’hiver, la gestion du pâturage n’est pas une sinécure, même pour des brebis et agneaux !

Un pâturage limité l’hiver

La Romane a été principalement abandonnée suite aux problèmes de piétin, apparu lors de la fusion des deux troupeaux. « J’ai traité les agnelles, vaccination que j’ai arrêtée au bout de cinq ans. L’année dernière, plusieurs animaux ont de nouveau été touchés. Je vais donc reprendre la vaccination sur les agnelles pour diminuer la pression. » Une pression sanitaire qui exclut quasiment le pâturage l’hiver.
Engagé dans une MAE, 70 % de la SAU est en herbe. « L’hiver, les gros lots sont conduits en bergerie, sauf les portées simples qui peuvent rester à l’herbe. »
Après avoir essayé l’ensilage de maïs et l’ensilage d’herbe, la ration d’hiver se base aujourd’hui sur 70 % de foin et 30 % d’enrubannage, complémentée avec de l’orge et de l’aliment du commerce.

Qualité défaillante de l’eau du puits de surface
Veaux de boucherie et brebis cohabitaient sur le site d’Iffendic. « Depuis l’investissement, il y a trois ans, dans un atelier de 400 places de veaux de boucherie à Plélan-le-Grand (35), seules les brebis y résident et le débit d’eau prélevée du puits de surface n’assure plus une qualité suffisante », déplore Guillaume Ménage. Une panne de la pompe l’a obligé à se brancher sur le réseau. Durant cette période, il a vu son taux de mortalité baisser à 11 %. S’il est néanmoins revenu sur l’eau du puits, il a installé une pompe à chlore manuelle. « Mais, au vu de la faible quantité d’eau bue par les brebis, à la prochaine panne, l’eau du réseau sera peut-être privilégiée… »
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