Élevage

Du lait à la production végétale

Exit le lait bio, Fabienne et Rémy Gicquel produisent désormais des oléagineux, des céréales panifiables et des légumes secs qu’ils transforment et conditionnent sur place.

Les dernières génisses vont bientôt quitter la ferme de la Cavalerie, à Saint-Gonnery (56). Les 68 hectares seront entièrement consacrés à la production végétale biologique. 25 hectares, enherbés en RGH-trèfle violet, seront fauchés, séchés et vendus dans le voisinage. Une surface jugée nécessaire pour conserver de la matière organique dans les sols, sécuriser les rotations et éviter le salissement des parcelles. Depuis 2009, l’EARL de la Cavalerie produisait du lait bio et avait investi dans un séchoir et dans un déshumidificateur pour produire du foin de qualité. L’équipement servira à sécher les graines de différentes espèces.

Investissements

45 hectares seront destinés aux cultures alimentaires avec une quinzaine d’espèces différentes : oléagineux (colza, cameline, chanvre), céréales panifiables (blé, petit et grand épeautre, seigle), sarrasin, orge brassicole et légumes secs (lentilles, pois cassé, pois chiche, haricot rouge). Tournesol et millet pourraient compléter la gamme. Cette nouvelle activité a nécessité d’importants investissements pour assurer les récoltes (moissonneuse), la conservation des graines et la transformation. Un nettoyeur séparateur, une décortiqueuse, une presse et un moulin ont ainsi été installés sous hangar. Un trieur optique, acheté en Cuma (100 000 €), avec une vingtaine d’autres adhérents, permettra de trier des graines à haute valeur ajoutée et les semences. « À terme, le tri doit revenir à 120-150 €/tonne », indique Rémy Gicquel, qui espère une augmentation des volumes (et du nombre d’adhérents) pour écraser les coûts. Ce trieur optique reste sur la ferme car il nécessite des réglages précis. La commune de Saint-Gonnery est, par ailleurs, bien située, en Centre-Est Bretagne.

Lentilles et pois

Les légumes secs, testés dans une dizaine de fermes bretonnes ces trois dernières années, sont semés au printemps, souvent avec des plantes tutrices (orge, à un tiers de dose) et récoltés dès la mi-juillet pour les pois et à la fin juillet pour la lentille corail. Le coût des semences est élevé. L’inoculum est présent naturellement pour ces cultures sauf pour le pois chiche, qui ne fait pas de nodosités. Les rendements, dans les essais, sont satisfaisants mais « entre la récolte au champ et la vente, il peut y avoir 50 % de pertes, car il s’agit d’alimentation humaine ». Les prix de vente varient de 2 000 à 5 000 € la tonne en fonction des espèces. Les huiles et les farines sont commercialisées à la ferme et dans plusieurs magasins. « Nous avons déjà un petit réseau et nous rechercherons progressivement de nouveaux débouchés pour nos produits ». Sans embauche pour le moment.

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Le trieur optique en cours d’installation.
Trier et stocker pour valoriser
Séchage du sarrasin à proximité des cellules de séchage de l’herbe. La conservation des produits demande de la rigueur pour éviter les problèmes sanitaires (mycotoxines). Au préalable, les grains doivent avoir été débarrassés des impuretés, des graines d’adventices, des grains cassés ou fusariés… La propreté des parcelles est primordiale, comme le moment de la récolte et le réglage de la moissonneuse. Ensuite, les matériels pour trier à la ferme sont nombreux et peuvent se combiner (pré-nettoyeurs, séparateurs à grille, table densimétrique, trieur optique…).

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Conserver la fertilité des sols, sans animaux

L’objectif des associés est de ne pas utiliser d’intrants extérieurs. Les parcelles enherbées doivent y contribuer, de même que les couverts végétaux choisis pour leur biomasse importante. Les céréales seront semées avec du trèfle et de nombreuses légumineuses seront présentes dans l’assolement. Clarisse Boisselier, agronome à la Chambre d’agriculture, met en garde contre le risque de baisse des niveaux de potasse et de phosphore. Les analyses de sol seront nécessaires. Dans les régions de grandes cultures, les agriculteurs biologiques implantent des luzernières avec peu d’exportation (une fauche ; les autres étant enfouies) sur près d’un tiers de la surface.

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