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Le Gaec de Brural s’adapte au changement du climat

Les frères Guillerme, à Theix, ont fait évoluer leur système de production en implantant des méteils, du sorgho fourrager et en adaptant la gestion des prairies pour faire face aux aléas.

Les 300 000 litres de lait produits sur la ferme sont certifiés bio depuis 1994. La sécheresse de l’année 2003 a marqué les esprits. « Nous avions manqué de fourrages ; nous l’avions payé par la suite sur la fertilité et la santé du troupeau », racontait Dominique Guillerme, mardi dernier, à des éleveurs réunis afin d’évoquer les pistes pour s’adapter aux aléas climatiques. Ils avaient alors décidé d’abaisser le chargement à un UGB/ha. « Nous avons actuellement 70 vaches normandes sur 110 hectares. Une cinquantaine sont accessibles mais peu productives car trop humides en hiver et sèches en été ». Les prairies sont composées de mélanges de RGA, de fétuques et de trèfles. Pour avoir du stock sur pied en été, les fauches sont précoces, au mois de mai (enrubannés). « Nous faisons un bilan des stocks au mois de mai. Nous décidons ou non d’ensiler du méteil ». Deux types de méteils sont implantés sur 8 hectares. L’un est destiné à être moissonné. Il comprend du triticale (130 kg/ha), de l’avoine (20 kg/ha) et du pois (25 kg/ha). « Le grain est broyé, stocké en boudins et distribué en hiver avec de l’herbe enrubannée ». Les rendements sont de 40 q en moyenne. L’autre méteil, à visée protéique, contient de la vesce, en plus. Celui-ci peut être ensilé, début mai, à la floraison des pois.

Sorgho en dérobée

Les semis de prairies sont réalisés sous couvert de méteil, avec vesce. « Au mois d’octobre, un peu tard pour la prairie, un peu tôt pour le triticale mais les résultats sont intéressants ». Deux passages de semoir (pour le méteil puis la prairie), puis deux passages de rouleau sont nécessaires. « Cela fait une récolte de plus sur l’année, la parcelle reste plus propre et les légumineuses apportent un peu d’azote ». La luzerne (20 kg/ha) est implantée sur 7 hectares en association avec du dactyle (3 kg/ha) et du trèfle blanc (2 kg/ha). La biomasse est récoltée en foin. Un sorgho fourrager est semé en dérobée après les méteils ensilés. « Vers le 20 mai, à 20 kg/ha, car il lui faut de la chaleur. Nous échelonnons l’implantation car il pousse vite et il est prioritairement destiné à être pâturé, au fil avant, une à deux fois selon les conditions météo. Il peut aussi être enrubanné  ». Une nouvelle prairie est implantée à la suite, en automne.

Prairie humide

Les prairies accessibles (50 ha), dont certaines ont plus de 25 ans, sont divisées en une vingtaine de paddocks de 1,5 à 2 hectares. « Au démarrage, ils sont gérés au fil avant. Ensuite, les vaches y restent deux journées ». Les refus sont rarement fauchés. L’une des parcelles, très humide, au faible potentiel, est gérée en planches de 8 mètres de largeur, pour l’assécher. Une « rigoleuse » est passée pour refaire les fossés tous les cinq ans environ. « Nous gagnons au moins 15 jours de pâturage au printemps et à l’automne grâce à ce système  ». Globalement, les terres sont chaulées tous les 4 ans et fertilisées par du compost tous les deux ou trois ans.

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