Élevage

Un bâtiment bois confortable pour tous

Les chèvres, comme les éleveurs, supportent mieux les à-coups climatiques dans ce bâtiment en bois. La laiterie / salle de traite et la nurserie sont isolées.

« Le bois permet une meilleure résistance aux variations de température. Et nous avons préféré ce matériau pour l’esthétisme du bâtiment », note Cyril Terrien, installé avec sa femme Virginie sur le Puy-Saint-Bonnet, commune associée à Cholet (49). L’exploitation est convertie à 100 % en bio depuis 2014. Les jeunes chevrettes sont arrivées le 5 mars dans le nouvel ensemble de bâtiments. La chèvrerie (16 mètres de large x 78 mètres de long) et la nurserie (13 x 18 m) sont fonctionnelles, mais pas encore la partie salle de traite/laiterie/local technique (8 x 36 m), soit 1 770 m2 en tout. Le projet présente un coût de 250 000 € (terrassement, bâtiment, maçonnerie) avec une grande partie des travaux réalisés par l’éleveur (sauf le terrassement, la charpente et la toiture).

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La nurserie est isolée en toiture.

Résistance adaptée des bois selon l’utilisation

« Les poteaux sont en bois douglas massif naturellement résistant, la charpente est en épicéa C 24 traité classe 2 et le bardage en épicéa traité classe 3. Nos charpentes sont traditionnelles en bois massif », précise Jean-François Roger, chargé d’affaires sur l’Ouest chez Roiné, l’entreprise qui a conçu le bâtiment. « Nous ne travaillons qu’avec du bois. Il provient principalement du Massif central et d’Allemagne. Cette matière offre plusieurs avantages : meilleur effet tampon que le bac acier, moins de condensation dans les bâtiments, plus écologique, meilleure insertion paysagère. La demande s’accroît sur ce type de bâtiments. »

« Pour éviter les coups de chaleur, nous n’avons pas mis de translucides sur les toitures. » Dans la chèvrerie, la clarté est apportée par des bâches hermétiques qui s’abaissent via un moteur, des deux côtés des longs pans, et des translucides en hauteur sur les portails. La ventilation est assurée par un faîtage ouvert mais disposant de pare-vent et pare-pluie. « Cet été quand il a fait chaud, nous avons ouvert les bâches et la toiture faisait parasol… », apprécie Cyril Terrien. De 1,90 m de hauteur, les murs de parpaings sur les longs pans protègent les matériaux au-dessus. « Les chèvres peuvent grimper haut… ».

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L’ensemble est constitué de 3 bâtiments qui communiquent : de gauche à droite, la chèvrerie, la partie salle de traite/laiterie/local technique et la nurserie.

Chaleur « sèche »

Pour mieux réguler les températures, les bâtiments salle de traite et nurserie sont isolés avec des panneaux en mousse de polyuréthane sous les pannes (coût de 25 €/m2 en plus). La nurserie est aussi chauffée et ventilée. « La température doit être stable à 14-15 °C pour les chevreaux. Une chaudière gaz à condensation alimente les circuits des “murs chauffants” et fournit l’eau chaude sanitaire. La combustion se fait en dehors de la nurserie : c’est moins d’humidité, moins de problèmes respiratoires. » Un extracteur d’air permet la ventilation. « Tout le sol est bétonné avec une évacuation des eaux usées vers la fosse. »

Une organisation réfléchie

Dans le bâtiment traite, des translucides isolés sur un décroché donnent de la lumière. Le choix d’une salle de traite 2 x 32 simple équipement a été fait. « Deux ventilateurs vont être ajoutés pour rafraîchir l’ambiance et faire fuir les mouches lors de la traite. » Des insectes bien présents sur les élevages de chèvres. « Une solution pour réduire le nombre de mouches est de curer régulièrement. Pour faciliter le curage, un jeu de barrières permet de faire passer facilement les chèvres d’un côté ou de l’autre du bâtiment, en conservant les lots. »
La disposition des bâtiments côte à côte facilite aussi le travail. « La graineterie qui comptera quatre cellules de stockage des aliments se situe à l’entrée du bâtiment pour les chèvres. » Un robot distributeur les alimentera en concentrés. Pour une meilleure gestion du sanitaire, la sortie des chèvres au pâturage et l’évacuation du fumier se feront de l’autre côté.

Les chèvres laitières, nouvel atelier sur l’exploitation
L’exploitation compte une SAU de 95 ha avec 75 ha pâturables. « Auparavant, nous faisions de la volaille bio et de la viande bovine. Nous avons décidé de réduire l’effectif de vaches allaitantes et de créer un nouvel atelier de 350 chèvres laitières (le bâtiment peut en contenir jusqu’à 420). Un projet que nous avons commencé à explorer en 2015 avec les premiers contacts pris en 2018 », explique Cyril Terrien. « Comme nous ne connaissions pas du tout cette production, nous avons réalisé de nombreuses visites d’élevages en chèvres laitières bio, 23 en tout. Nous avons aussi suivi une dizaine de formations. » Un nouveau challenge qui devrait apporter plus de performance économique sur l’élevage. « Nous allons aussi renforcer la sécurité fourragère en passant de 110 à 60 UGB. Les volailles nous apportent du fumier. Les quelques bovins allaitants que nous gardons vont valoriser les fourrages grossiers laissés de côté par les chèvres. »
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