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Julien Denormandie impose sa marque

Le nouveau ministre de l’Agriculture dévoile sa « vision » de la politique agricole qu’il veut mener en réorientant vers la « souveraineté alimentaire et agricole » et l’augmentation de la consommation de « produits frais ».

Comme annoncé, le volet « Transition agricole, alimentation et forêt » du plan de relance sera doté de 1,2 Md€ sur deux ans. Présenté le 3 septembre, ce volet agricole du plan provient uniquement de « fonds additionnels » (incluant le plan de relance européen) et ne reprend pas les budgets déjà programmés de la Pac ou des comptes de l’État.

Abattoirs territoriaux en difficulté

Le plan comprend quatre axes : le premier volet vise à « reconquérir la souveraineté alimentaire de la France » (364 M€). Il soutient un plan protéines (100 M€), un plan de modernisation des abattoirs et des élevages (250 M€), et des mesures pour le renouvellement des générations (communication sur l’attractivité des métiers, bilans carbone pour les jeunes installés).
Le plan de modernisation des abattoirs et des élevages n’est pas encore finalisé, mais devrait en grande partie passer par les outils du PCAE (second pilier de la Pac), même « si on ne s’interdit pas des appels à projets », annonce le cabinet. Concernant les abattoirs, il « vise les abattoirs des territoires en difficulté », a précisé le ministre.

Mise en exergue de la HVE

Le second volet porte sur « la transition agro-écologique » (346 M€), incluant une prime à la conversion des agroéquipements (135 M€) associé à un « accélérateur pour le développement d’agroéquipements de demain », un crédit d’impôt HVE (70-80 M€), un abondement du fonds Avenir bio et de la structuration des filières bio (60 M€), et un plan d’accompagnement à la mise en place de haies (50 M€), faisant écho au programme Breizh Bocage, lancé depuis 2007 en Bretagne. Le ministre a ajouté que la certification Haute valeur environnementale (HVE) l’intéressait comme outil dans le cadre des éco-schémas de la prochaine Pac. Les modalités de ce crédit d’impôt ne sont pas encore arrêtées, mais visent « les coûts d’enregistrement administratif ».

Le troisième volet de 200 M€ est consacré à « l’alimentation saine et durable », dont un plan de soutien aux cantines scolaires (50 M€), aux plans alimentaires territoriaux (80 M€), un soutien au projet « 1 000 restaurants durables », aux jardins partagés, et aux « paniers fraîcheurs » (à destination des « plus modestes et concitoyens isolés »). Enfin, le quatrième et dernier axe porte sur « l’adaptation au changement climatique » (300 M€), dont un soutien aux investissements d’adaptation agricoles (100 M€) et forestiers (200 M€).

Les circuits courts en avant
Le fort accent mis sur les circuits courts, dotés d’au moins 130 M€, apparaît comme la principale réorientation politique. En effet, ce thème n’apparaissait pas jusqu’ici dans les priorités ciblées lors de la préparation du Pacte productif, ce plan d’investissement public élaboré cet hiver, et qui n’aura finalement pas vu le jour, à cause de la crise sanitaire.

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