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Le lupin jaune, pourvoyeur de protéines

Sur sa ferme de 26 hectares en bio, à Plumergat, Pierre Avril implante des cultures pour l’alimentation humaine et animale. Le lupin jaune s’est imposé dans ses rotations.

La ferme de Trédazo, à Plumergat peut être qualifiée de station expérimentale, tant les essais y sont nombreux. Pierre Avril, par ailleurs concepteur et vendeur de matériel agricole, sème, depuis dix ans, du lupin jaune, sa culture fétiche. « Au départ, je produisais essentiellement du lupin bleu, avec quelques bandes de lupin jaune. Une année, l’anthracnose et une larve ont ravagé la culture. Seul le lupin jaune a résisté ». Depuis, les parcelles se colorent de jaune à la floraison. L’agriculteur ne tarit pas d’éloges sur une plante facile à conduire et régulière en rendement.

Autonomie protéique

Les semis ont été réalisés en mars-avril, en association avec de l’orge (140 kg de lupin et 30 kg d’orge). « C’est un peu dense ; on doit pouvoir descendre à 100 kg de lupin pour favoriser la ramification de la plante ». L’association a été semée dans des parcelles avec et sans labour. « A l’avenir, je privilégierai le labour. Les terres sont plus propres ». Un passage de herse étrille est réalisé en prélevée. La récolte n’est pas trop tardive, en fin août. « Les gousses ne s’ouvrent pas et préservent les graines. Les rendements sont réguliers, à 20-25 qx par hectare ». Le lupin a aussi l’avantage de décompacter le sol grâce à ses racines profondes et de laisser un reliquat d’une soixantaine d’unités d’azote. Son taux de protéines (40%) en fait un aliment apprécié en élevage. « C’est une plante qui peut permettre d’assurer l’autonomie en protéines des élevages en agriculture biologique », assure le producteur.

Alimentation humaine

Le lupin est vendu à 600 € la tonne dans des élevages voisins. En alimentation humaine, le prix monte à 4 € du kilo. Dans ce cas, un tri sévère est nécessaire. Pierre Avril travaille avec une Cuma de Loire-Atlantique (trieur optique) et stocke son produit débarrassé des impuretés dans son entreprise de Ploemeur, avant de le vendre à des enseignes bio. Un marché en essor car, réduit en farine, ses propriétés technologiques lui permettent de remplacer le jaune d’œuf, en pâtisserie-viennoiserie ou d’entrer dans la fabrication de produits sans gluten.

Des lentilles depuis 5 ans
Les lentilles sont semées dans une terre réchauffée en avril-mai, en association avec une plante tutrice et couvrante (cameline, lin), à raison de 100 kg/ha, 5 kg de cameline et 2 kg de lin. Les rendements sont de 7 qx en moyenne. Elles sont vendues à un prix de 5 €/kg à Biocoop ou à la Marmite Bretonne (conserverie). La récolte, réalisée fin août, est contraignante car elle nécessite d’être débarrassée des impuretés (tamis, trieurs, souffleries).
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