Élevage

Une TPA sinon rien

L’installation du Gaec du Mauguerand, au Foeil (22), a été déplacée pour être rallongée et adaptée à un cheptel agrandi, mais le type d’équipement a demeuré : la famille Robert  apprécie la traite par l’arrière depuis plus de 20 ans.

Pendant près de 20 ans, Françoise et Robert Bertrand, producteurs de lait au Foeil (22), ont trait leur 70 vaches dans une installation 2 x 6 datant de 1998. « Un équipement en traite par l’arrière bien adapté à la taille du troupeau, à notre quota et à nos objectifs », expliquent-ils.

Puis, en avril 2016, leur fils Mathieu les a rejoints en reprenant une ferme voisine (50 ha). Le cheptel du Gaec a alors doublé pour atteindre 130 laitières. Mais dans un premier temps, la traite s’est poursuivie sur les deux sites. Un an plus tard, Jennifer Pellion, la compagne de Mathieu, s’est également installée. Ces arrivées de renfort se sont accompagnées, à chaque fois, de 400 000 L de lait supplémentaires à produire. Il était alors l’heure pour les associés « de regrouper tout le monde sous le même toit ». La fusion des troupeaux a eu lieu le 5 août 2018, la belle saison étant considérée comme une période plus favorable d’un point de vue sanitaire.

Fosse moins profonde et mamelles bien accrochées

Cependant, les premiers mois ont été compliqués : en attendant de terminer les travaux de la nouvelle installation, le cheptel au complet était trait dans la 2 x 6 historique. « Il fallait compter en gros 3 heures le matin et 3 heures le soir dans la fosse », se rappellent les agriculteurs. Chronophage et fatiguant. Finalement, la nouvelle salle de traite a été mise en service en octobre 2018. La dernière étape d’un chantier qui a doublé le bâtiment dans sa largeur et installé 164 logettes tout en conservant des zones en aire paillée pour les génisses, taries et animaux à isoler.

« Après plus de 20 ans en traite par l’arrière, il n’était pas question de changer », raconte Françoise Bertrand. « Un système confortable à la fois pour le trayeur et pour les animaux qui sont bien calés les uns contre les autres et ne bougent pas. » En resignant sans hésitation pour une TPA, les associés ont tout de même profité du chantier pour apporter quelques améliorations. « Dans l’ancienne installation, la hauteur de quai était de 1 m. Là, nous l’avons limitée à 85 cm. C’est moins fatiguant, j’ai moins mal aux épaules », précise l’éleveuse. « D’autant que les pis des vaches d’aujourd’hui, mieux accrochés, jouent en faveur d’une fosse moins profonde », ajoute son époux. Une fosse « agréable » qui a été élargie à 3 m pour évoluer à deux trayeurs, sans se marcher sur les pieds, dans cette 2 x 15 postes double-équipement.

« La stalle possède des lices indexables et ergonomiques pour un bon positionnement des vaches. Le relevage de ces lices rotatives n’est pas hydraulique mais commandé par des moteurs. La sortie rapide directement sur une aire d’exercice raclée réduit le temps de lavage », détaille Robert Bertrand.

Circulation améliorée et nettoyage facilité

La circulation des animaux est aussi beaucoup plus fluide. « Auparavant, les vaches passaient sur un pont. Nous perdions du temps à les pousser », se rappelle Robert Bertrand. Désormais, tout a été repensé en partenariat avec la concession Méheust, de Lamballe (22). Comme la salle de traite est implantée au cœur du bâtiment, un couloir d’exercice devant une rangée de logettes est utilisé comme parc d’attente. « Il n’y a plus de couloirs de retour spécifiques devant les quais. Quand la lice rotative se lève, le dégagement du lot trait est rapide directement sur les aires de raclage. C’est une économie sur les coûts de maçonnerie et cela limite les surfaces à nettoyer », apprécie l’éleveur.

À l’arrivée, les 173 vaches en production actuellement sont traites en 1,5 heure. A deux opérateurs, l’astreinte physique est maîtrisée. « Quand un lot est entré sur le quai, nous commençons la préparation des mamelles chacune d’un bout. Quand nous nous sommes rejointes, nous commençons à brancher », détaillent Françoise et Jennifer dont l’une peut aisément s’absenter pour s’occuper des veaux. Pour suivre de près la santé mammaire au sein du troupeau, le tirage des premiers jets dans des bols à fond noir fait également partie de la routine systématique du matin. Auparavant, traire autant de vaches dans l’ancienne salle de traite occupait presque une journée de travail pour deux associés. « Désormais, l’organisation est plus flexible si l’un de nous a un impératif familial », apprécie la jeune maman. L’embauche d’un salarié à mi-temps dans quelques mois devrait permettre de soulager encore l’astreinte.

Indicateurs de production et de forme
« Par économie, nous n’avons pas investi dans des compteurs à lait puisque nous bénéficions de la pesée mensuelle du Contrôle laitier », explique Robert Bertrand. L’installation est tout de même équipée d’indicateurs de production. Un outil qui plaît à Jennifer Pellion : « Directement depuis la fosse de traite, cela donne une indication de la forme des animaux. Une chute de lait met la puce à l’oreille sur une chaleur pas toujours visible ou un problème de santé. Comme le troupeau a accès à 40 ha de prairie, les productions d’un jour sur l’autre donnent aussi un certain reflet de la valeur de l’herbe au pâturage à un instant t. Sans oublier que pendant le confinement, en l’absence de pesée, ces indicateurs nous ont facilité la tâche pour décider de tarir les vaches qui avaient beaucoup baissé en lait. »
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