Emploi : le secteur laitier veut former des agents de traite

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Le besoin se fait sentir. Beaucoup d’éleveurs laitiers souhaitent déléguer la tâche répétitive de la traite pour se consacrer à d’autres tâches sur leurs exploitations.

Les robots n’ont pas relégué les salles de traite classiques aux oubliettes. Celles-ci sont encore largement majoritaires. Les Mexicains, qui usinent dans les fermes américaines, n’ont pas d’équivalents dans la campagne bretonne. Le trayeur local a encore un bel avenir et reste un élément indispensable à la bonne marche des exploitations. Paradoxalement, il se fait rare… ou plutôt désiré, à une période où le nombre de vaches augmente rapidement dans les étables.

« C’est une remontée forte du terrain. Beaucoup d’éleveurs aimeraient se libérer de l’astreinte de la traite pour se consacrer à d’autres tâches », assure Xavier Raffray, de Solutis Emploi, groupement d’employeurs du Morbihan. La Chambre d’agriculture s’est saisie de la problématique. Avec divers partenaires*, et Solutis comme entreprise support, elle expérimente actuellement une formation au centre de Kérel, à Crédin (56). « Si nous avons des agents de traite bien formés à proposer, nous aurons de la demande, surtout en temps partiel. La demande est latente, à nous d’anticiper en attirant des candidats à la formation ».

Bilan en fin janvier

L’objectif de la formation, qui est une première dans la région, est de donner aux apprentis, en deux mois, les connaissances suffisantes pour traire, et réagir ou alerter face à un problème. En parallèle, ils sont formés à l’observation des vaches (santé-reproduction) et à la conduite de l’atelier veaux. « Il s’agit d’une expérimentation », précise Sandrine De Sadeleer, de la Chambre d’agriculture. « Nous avons actuellement six stagiaires dans la première promotion. Ils sont en immersion sur l’atelier de 60 vaches de Kérel et travaillent, en parallèle, chez des éleveurs adhérents de Solutis Emploi. Nous réalisons quelques bilans d’étape pour tenir compte des difficultés qu’ils peuvent rencontrer. À la fin des deux mois, fin janvier, nous ferons un bilan complet de la formation. Pour la compléter ou la modifier, éventuellement ».

L’objectif est d’avoir des personnes directement opérationnelles, en salles de traite. Un suivi après la formation est également prévu. « Nous espérons que ces personnes, qui ne connaissaient pas du tout le monde agricole avant de venir à Kérel, restent dans le milieu ». Les six premiers stagiaires viennent d’horizons différents. Tous étaient en recherche d’emploi.

Manque de candidats

Après une visite d’élevage laitier et une réunion d’information dispensée par la Chambre d’agriculture et Pôle Emploi, Samuel Quérel, 33 ans, et Maryline Gasgouin, 57 ans, ont décidé de suivre la formation. Le premier recherche un temps plein à l’issue de la formation. La seconde apprécierait un mi-temps. Aucun des deux n’avait mis les pieds dans une ferme auparavant. « Les médias nous disent que ça va toujours mal dans le secteur agricole. Nous n’imaginions même pas qu’il y avait des emplois. Pourtant, c’est vrai que, même en temps de crise, les animaux doivent être soignés et les vaches traites ». Les salaires, ils n’y ont pas pensé. « Nous voulons d’abord savoir si le métier nous plaît ». Samuel se sent déjà à l’aise et envisage une formation de conduite de tracteur à la suite.

Maryline avoue qu’elle n’aura rien de trop avec le deuxième mois de formation pour être opérationnelle. Ces personnes, qui découvrent l’emploi agricole, sont le meilleur vecteur de communication pour la profession. Malgré la quasi-assurance de trouver un emploi stable à l’issue du stage, le recrutement reste difficile. Le centre de Quintenic (22) a proposé la même formation d’agent de traite, à la même période. Trois demandeurs d’emploi seulement se sont manifestés. La formation a été annulée. Les personnes ont été dirigées vers une autre formation agricole. La partie n’est pas gagnée. L’image de l’agriculture est perfectible…

À Vannes, 26 personnes à la réunion d’information

L’idée de départ était de proposer la formation d’agent de traite à des personnes qui recherchent un mi-temps en complément. Beaucoup de personnes travaillent dans les secteurs pourvoyeurs d’emplois partiels comme les GMS ou l’aide à domicile. Mais il est très difficile de les attirer dans une formation qui débouche sur un temps partiel et qui se déroule à Crédin, dans le nord du Morbihan. Nous avons donc ciblé des demandeurs d’emploi qui recherchent un temps plein.

Pour cette formation d’agent de traite, nous avons eu 26 personnes à la réunion d’information à Vannes et 0 à Crédin. 12 ont été retenues pour un stage de mise en situation en élevage (une semaine). 6 d’entre eux devraient finir le stage. Si la profession décide de renouveler l’opération, nous aurons quelques exemples de réussite à montrer aux demandeurs d’emploi. C’est important pour attirer de nouveaux candidats « citadins » qui ont du mal à imaginer des débouchés dans le milieu agricole d’autant plus que la majorité des annonces d’offres ne passent pas par Pôle emploi mais par des réseaux spécialisés. Gaëlle Gasmi, Pôle Emploi Vannes

*Chambre d’agriculture, Solutis Emploi, Conseil régional, AEF (Association emploi formation), Pôle emploi, Cap emploi, Fafsea.


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