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Le plantain apprécié pour sa pousse rapide

Semé à très faible dose, le plantain produit rapidement un fourrage apprécié par les animaux et qui supporte les conditions sèches.

Le système tout herbe de Baptiste Coent a rapidement intégré du plantain dans ses mélanges pâturés. Chez cet éleveur de Cléden-Poher (29), « les terres sont très séchantes. Les vaches peuvent sortir très tôt ou très tard dans la saison, les sols sont portants ». Le plantain s’adapte très bien à ces conditions parfois sèches, son pivot va puiser en profondeur les réserves hydriques. « Les prairies sont plus vertes, comme si le plantain amenait de l’eau aux espèces voisines », remarque l’éleveur, qui apprécie aussi d’introduire une autre espèce dans ses champs pour varier la flore.

Le système racinaire du plantain en pivot lui permet de résister à des conditions sèches.

300 grammes /ha

Les parcelles de cette ferme laitière sont composées de fétuques, de ray-grass anglais et de différents trèfles. Dans ce mélange, le plantain est introduit à hauteur de 300 grammes/ha. « Nous l’avons essayé à raison de 1 kg dans les parcelles de fauche, mais rien ne sert de sur-doser, la population sera la même avec un dosage moins important ». Le producteur a aussi essayé un mélange plantain / chicorée / trèfle, abandonné à cause de l’agressivité du plantain, qui étouffait au final les autres espèces.

Dans les prairies permanentes, l’éleveur laisse le plantain monter en graine. Elle est ensuite consommée par les animaux, puis retrouvée dans les bouses. « C’est de cette manière que les autres parcelles ont été colonisées ».
Sur les parcelles en 7e année de pâturage ou de fauche, le plantain a quasiment disparu mais à l’inverse, revient rapidement dans d’autres champs. « L’épiaison apparaît tôt dans la saison, surtout s’il bénéficie de chaleur, comme cette année. En saison plus froide, il va épier en juillet ».

Un plante de printemps

Pour la fertilisation organique de ses paddocks, Baptiste Coent bannit les lisiers. « Ils favorisent les autres graminées qui prennent le dessus et vont étouffer le plantain. Il faut préférer les fumiers compostés ». Le producteur conseille aussi, lors du débrayage d’un paddock, une fauche pour un foin ou un enrubannage. «  Nous n’avons jamais eu de butyrique dans les balles enrubannées », a observé le producteur.
« C’est une plante de printemps », rappelle le Finistérien. A l’automne, les feuilles sont plus dures, « ce n’est pas sa saison. Les vaches le préfèrent quand les feuilles sont tendres. C’est une plante hyper-réactive, on a l’impression qu’elle est jeune tous les ans ».

Les 100 vaches laitières de l’exploitation ont accès à des paddocks de 1 ha, où elles reviennent tous les 20 à 23 jours. « Le plantain répond très bien même pour les agriculteurs qui ont peu de surfaces accessibles car il pousse très vite et répond mieux que les mélanges RGA/TB en cas de pâturage agressif ». La mesure de la pousse des pâtures est réalisée à l’herbomètre. Sur les 11 à 12 passages sur les paddocks effectués dans l’année, la pousse de fourrage totale est évaluée entre 10 et 12 t de MS/ha.

Une plante santé
Les tannins contenus dans le plantain lui confèrent des facultés nutritives et sanitaires idéales. « Le troupeau a un poil qui pétille. Les vaches consomment les oligo-éléments qu’il contient ». Côté valeurs alimentaires, l’espèce est « comparable à l’herbe en UF et MAT. Sur les effets observés sur la santé des animaux, aucune étude scientifique sur bovin n’a été réalisée ; il n’existe que quelques données sur les effets vermifuges, mais sur moutons », fait observer Isabelle Pailler, conseillère lait à la Chambre régionale d’agriculture. Si rien n’a été mesuré, on prête facilement au plantain diverses vertus, avec des rôles antioxydant, anti-inflammatoire et analgésique. Sur des essais en pur menés à la station expérimentale de Trévarez (29), le plantain présente une MAT oscillant entre 109 et 200 gr/kg de MS suivant les cycles. Sa digestibilité cellulasique varie de 59 % à 80 %. Cet indicateur évalue la dégradabilité du fourrage dans le rumen, des valeurs supérieures à 75 % sont à titre d’exemple comparables à une herbe jeune.
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