ÉlevageIlle-et-Vilaine

Autonomie totale en multipliant les espèces

En 5 ans, la diversité des espèces s’est largement étoffée sur le Gaec Collet, à Retiers (35). Totalement autonomes, les producteurs parviennent à une moyenne d’étable de 6 400 L en bio.

De 2015 à 2019, un groupe d’une quinzaine d’agriculteurs adhérents à la Cuma La Fourragère basée sur le secteur de Retiers en Ille-et-Vilaine a travaillé sur l’augmentation de l’autonomie fourragère et protéique sur leurs exploitations, bénéficiant d’aides liées aux dispositifs AEP (Agriculture écologiquement performante) du Conseil régional de Bretagne et GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnemental) de l’Etat. « Nous nous interrogions sur la dépendance au soja notamment », souligne Stéphane Collet, agriculteur référent sur ce projet animé par la FDCuma Bretagne Ille Armor.

Coût alimentaire de 44 €/1 000 L

En Gaec avec sa femme Isabelle sur Retiers (35), Stéphane Collet est passé en bio au cours du projet. « Déjà préalablement, nous souhaitions nous engager. Le travail en groupe nous a permis de mieux maîtriser la conversion », explique l’agriculteur qui gère un troupeau de 70 vaches Prim’Holstein sur une SAU de 80 ha avec un robot. En bio, la production atteint 6 400 L/VL avec un coût alimentaire de 44 €/1 000 L, en baisse. « Auparavant, nous achetions 30 tonnes de tourteaux de colza et avions 25 ha de cultures de vente. Aujourd’hui, toute la SAU sert à l’alimentation du troupeau, nous sommes totalement autonomes y compris en correcteur et concentré. Le chargement a été réduit de 2 à 1,4 UGB/ha. »

La surface en herbe est passée de 20 à 55 ha la première année de conversion, avec 31 ha accessibles. La SAU comprend aussi 10 ha de céréales en association avec des protéagineux (épeautre/féverole et triticale/pois) qui sont moissonnés et aplatis pour l’alimentation au robot et les veaux. Sont également cultivés 11 ha de maïs et 4 ha de luzerne associée avec de la fléole et de la fétuque (en place depuis 4 ans). « La première coupe de luzerne est déshydratée et contribue à l’apport protéique au troupeau. »

Trèfle violet sous couvert de méteil

« J’implante désormais des mélanges prairiaux multiespèces comprenant de la fétuque et du RGH avec 3 trèfles différents (violet, hybride et blanc). Ces prairies qui bénéficient de la synergie des espèces vont rester en place 4 à 5 ans. Pour le pâturage, je mets plutôt du RGA/TB pour l’appétence. » Autre innovation sur l’exploitation, le trèfle violet sous couvert de méteil (triticale, pois, féverole). « Je sème vers le 10 octobre, le même jour, le méteil dans un sens et le trèfle violet (15 kg/ha) dans l’autre. Le méteil est récolté au printemps puis le trèfle violet se développe pendant 2 à 3 ans. »

Affouragement en vert sur 300 jours par an

Il y a deux ans, les producteurs ont mis en place de l’affouragement en vert avec l’acquisition d’une remorque autochargeuse en propre (avec aides du PCAEA). « Les vaches restent en bâtiment la nuit pour maintenir une bonne fréquentation au robot. Nous leur amenons des fourrages verts en bâtiment sur environ 300 jours par an. En hiver, nous fauchons les prairies. La luzerne et le TV prennent le relais en été. » En hiver, une dérobée implantée entre céréales et maïs sert aussi à l’affouragement en vert, composée de colza fourrager, de RGI et d’avoine. « C’est un fourrage jeune et riche en azote soluble pour compléter la ration d’ensilage d’herbe et de 3 kg de maïs ensilage. »

Quand elles ne sont pas apportées en vert, la luzerne et les prairies sont ensilées en priorité ou sinon enrubannées. « Je ne fais plus de foin. L’apport de fibres aux génisses est assuré par de la paille de triticale/pois. » Côté pâturage, les éleveurs réalisent du « techno grazing » sur des parcelles de 50 ares qui sont divisées en couloirs. Les vaches disposent de fourrage frais au moins deux fois par jour.

« Le groupe permet d’avancer plus vite »
Le groupe GIEE/AEP a permis aux agriculteurs d’avancer plus rapidement, en testant simultanément une large palette de cultures, en réalisant des formations (méthode Obsalim notamment pour optimiser les fourrages en fonction de l’observation des animaux) et des visites de fermes. Le fait de travailler collectivement a aussi conduit à une meilleure gestion de la qualité des fourrages au sein de la Cuma car cette question devient commune lors de l’établissement des plannings. Les surfaces en légumineuses ont augmenté et certaines exploitations perçoivent des plus économiques via la réduction des concentrés et des frais vétérinaires. « Ce projet a aussi redynamisé la Cuma et permis de mieux intégrer les jeunes. Les adhérents ont recours à l’entraide gérée par une banque de travail », note Stéphane Collet.
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