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L’autochargeuse en Cuma tourne à plein régime

10 adhérents de la Cuma la Gourmande, au Pertre (35), ont décidé d’investir dans une remorque autochargeuse pour faire de l’affouragement en vert. C’est une 1re en Bretagne et une vraie réussite qui pourrait inciter d’autres Cuma à en faire de même.

La Cuma la Gourmande au Pertre (35) à été créée fin 2008 autour de 15 adhérents en investissant dans une mélangeuse automotrice avec un chauffeur à temps plein afin que les éleveurs puissent se décharger de la partie alimentation des laitières. « Tous les adhérents se situent dans un rayon de 10 km et la mélangeuse réalise un parcours quotidien de 53 km », précise Jérémy Hurel, président de la Cuma. Plusieurs adhérents souhaitaient faire de l’affouragement en vert mais aucun d’eux n’avait envie d’investir seul dans une remorque autochargeuse car son utilisation est souvent très chronophage.

1 200 tours pour la 1re année

Malgré qu’il n’y ait aucune Cuma en Bretagne ayant investi dans une remorque autochargeuse pour une utilisation partagée et donc aucune référence existante, la bonne expérience de la mélangeuse automotrice a incité quelques adhérents à explorer cette piste. « Nous avons acheté la remorque autochargeuse en juillet 2018 et elle a été livrée en janvier 2019. Si 7 adhérents s’était engagés pour utiliser le matériel, nous avons finalement été 10 adhérents la 1re année et 5 agriculteurs non adhérent à en profiter », se réjouit le président de la Cuma. Pour que ce projet tienne la route, il fallait que l’autochargeuse fasse 300 tours la 1re année et finalement elle en a fait 1 200. « Cet investissement a permis d’embaucher un 2e chauffeur à plein temps et de sécuriser notre système. Les chauffeurs sont d’astreinte 1 week-end sur 2. » Des réunions régulières sont organisées pour que les adhérents puissent échanger sur l’organisation des chantiers.

De gauche à droite : Régis Badié, adhérent de la Cuma la Gourmande, François Rousseau, salarié de la Cuma, et Jérémy Hurel, président de la Cuma.

Un affouragement en vert du 9 janvier au 5 décembre

Le temps de travail est compté du début de la fauche à la fin du déchargement puis facturé 80 €/heure aux adhérents et 90 €/heure aux agriculteurs non-adhérents à la Cuma. Les trajets d’une exploitation à une autre sont donc de faux frais. « La demande pouvant être forte sur certaines périodes, la priorité est de servir les adhérents afin que l’activité herbe ne vienne pas perturber l’activité mélangeuse », tient à rappeler Jérémy Hurel. Régis Badié, adhérent de la Cuma et associé du Gaec Lait’ Sperance à Argentré-du-Plessis (35), a évalué le coût d’un ensilage d’herbe à 50 €/tonne fauche comprise et il estime que l’affouragement en vert lui revient à 40 € /tonne.

« L’affouragement en vert nous permet de sortir plus de tonnage à l’hectare sur l’année mais nous avons surtout du fourrage de meilleure qualité pour nos laitières. » L’exploitation en production de lait bio exploite 125 ha d’herbe dont 35 ha accessibles aux vaches et cultive 25 ha de maïs ensilage. « Les laitières ont de l’herbe toute l’année dans la ration. En hiver c’est 1/3 d’ensilage de méteil, 1/3 d’ensilage d’herbe et 1/3 d’ensilage de maïs. Dès qu’il est possible de faire de l’affouragement en vert, nous supprimons l’ensilage d’herbe. En 2019, nous avons réussi à affourager en vert du 9 janvier au 5 décembre », témoigne Régis Badié. De son côté, Jérémy Hurel récolte en hiver à l’autochargeuse ses dérobées de RGI + trèfle. « Cela représente 9 kg de matière sèche apportée en affouragement en vert dans la ration. Cela me permet d’économiser 1 kg de soja et j’ai aussi gagné 1 kg de lait en production. La prestation de l’autochargeuse est payée grâce à l’économie de soja et le lait produit en plus. » 

Une autochargeuse subventionnée à 40 %
Les adhérents de la Cuma ont investi 85 000 € dans l’autochargeuse et la faucheuse frontale. Ils ont bénéficié d’une subvention de la Région de 40 % sur cet investissement soit 31 000 €. « La subvention est du bonus car nous avons cherché à ce que l’investissement soit rentable sans la subvention », précise le président de la Cuma. Il fallait aussi investir dans un tracteur pour cette nouvelle prestation. Les adhérents ont choisi la location de tracteur plutôt qu’un achat pour ne pas prendre de risque lors de la 1re année. « Après 11 mois de location et 1 000 heures au compteur, le tracteur vient d’être changé et nous sommes repartis sur une nouvelle location. La location du tracteur revient à 22 €/heure, la Cuma paye uniquement les consommables et la main-d’œuvre lors des vidanges par exemple est à la charge de la concession. »

La hauteur de l’autochargeuse ne pouvait pas dépasser 3,10 m pour répondre à la contrainte de bâtiment chez certains éleveurs. Ce modèle de 3,08 m y répond et il possède en plus des rehausses rabattables.
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