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Que deviennent les antibiotiques dans les effluents ?

Un compostage réalisé dans les règles de l’art et une méthanisation thermophile favorisent la réduction de la concentration en antibiotiques.

Les antibiotiques administrés aux animaux d’élevage se retrouvent en partie dans leurs déjections, sous une forme inchangée ou sous la forme de métabolites potentiellement actifs. Leur persistance, lors du stockage, dans les lisiers ou les fumiers, dépend de la molécule. Les quinolones ou les tétracyclines sont encore présentes une centaine de jours après leur intégration. Les macrolides disparaissent plus rapidement. La plupart de ces molécules sont adsorbées (fixées) à la matière organique. « Les phénomènes d’adsorption et de dégradation répondent à des mécanismes complexes », explique Anne-Marie Pourcher, de l’Irstea*, intervenante à la journée RMT «élevages et environnement », animée par l’Ifip et la Crab.

Quoi qu’il en soit, certaines pratiques ont des effets positifs. « Le compostage a un effet considérable sur leur dégradation même si quelques molécules résistent mieux ». À condition de respecter le protocole pour une bonne montée en température : aération forcée, retournements réguliers…). La méthanisation a également un impact variable selon les molécules et leur concentration mais, là encore, « l’effet température est marqué. Élevées, elles favorisent la réduction de la concentration ». La production de biogaz est affectée en cas de concentration importante d’antibiotiques.

Bactéries résistantes

Après leur administration, les antibiotiques peuvent favoriser le développement de bactéries et de gènes de résistance tant qu’ils sont métaboliquement actifs. Un bon compostage élimine progressivement les E. coli, qu’elles soient résistantes ou non à certains antibiotiques (ampicilline, tétracycline). Comme pour les antibiotiques, un simple stockage n’a pas le même effet d’abattement. La méthanisation a aussi un impact positif sur l’élimination des gènes de résistance mais, là aussi, fortement dépendant de la température. Selon les essais présentés par la spécialiste, l’abattement est double à 55 °C par rapport à une température de 37 °C.

*Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture

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