Élevage

Épanouis dans leur nouveau métier

Ils ont délaissé la filière équine ou le monde bancaire pour s’installer en production de lait ou de volailles conventionnelles. Après avoir suivi des formations ciblées.

Trois jeunes agriculteurs témoignaient au forum sur l’installation organisé par JA56 lundi matin, à Pontivy. Ces trentenaires ont connu une période de salariat avant de reprendre une ferme. Tous trois s’accordent sur un point : ils s’estiment plus libres qu’avant car ils organisent leur travail comme ils l’entendent. Pour Amélie Robin, installée en production laitière à Guillac, la reprise n’avait pourtant rien d’évident. « J’ai repris, en 2014, après tiers, une ferme d’une centaine d’hectares, avec 750 000 litres à produire ». L’ancienne salariée en jardinerie, titulaire d’un bac pro équin, n’a pas vraiment eu froid aux yeux. « J’ai fait un stage de 4 mois sur la ferme reprise, avec le cédant, un second sur la ferme du centre de formation de Kérel et une remise à niveau en gestion lors du parcours à l’installation ».

Un parcours qui a duré une bonne année avant de prendre les rênes de l’exploitation, de manière atypique. « Mon père s’est installé avec moi, pour m’aider à me lancer. Le travail des terres était entièrement délégué. Il est parti en retraite au mois de juin dernier. J’ai embauché un salarié pour le remplacer ». Elle n’a pas hésité à faire des choix forts dès son installation. Le robot de traite a été réformé et l’ancienne salle de traite a été remise en activité. « Les problèmes cellulaires étaient importants. Dès la remise en route de l’ancienne machine, la qualité du lait s’est améliorée. Je ne regrette pas ce choix car il permet de mettre à profit la surface accessible aux laitières en favorisant le pâturage ». La stabulation a été rénovée, avec l’aménagement de logettes. Aujourd’hui, Amélie Robin s’occupe du troupeau, son salarié (qui est aussi son conjoint) travaille les terres, par goût, et s’occupe de l’alimentation des animaux. Aucun regret chez l’ancienne salariée qui « en avait marre de la vente » et qui s’épanouit désormais dans sa vie professionnelle. Elle ne partait pas totalement de zéro : « Je connaissais la production laitière ; mes oncles et mes grands-parents produisent ou produisaient du lait, et j’ai été bien accompagnée par mon centre comptable… »

Formation avicole

Régane Étienne, de Remungol, a bénéficié d’une reconversion professionnelle pour s’installer en production de volaille de chair (5 000 m2). L’ancienne conseillère bancaire, titulaire d’un BTS banque, s’est installée à la suite de son père sur la ferme familiale. Sa mère est toujours en activité. « J’ai obtenu la capacité professionnelle agricole grâce à une dérogation, sans obtention du BPREA, en présentant un dossier détaillé de la reprise, aussi bien au niveau économique qu’environnemental ». Elle n’a pas réalisé le parcours classique à l’installation mais a suivi une formation avicole à Ploufragan. « Tout a été pris en charge, le coût de la formation (6 000 €), mon salaire et les frais kilométriques ». Elle aussi en avait marre de la vente et s’épanouit entre vie professionnelle et vie privée. « Je m’organise comme je l’entends, en fonction de mes enfants ». Au niveau économique, le bilan est satisfaisant : « Le premier bilan comptable est conforme aux prévisions et les travaux programmés sont en bonne voie ».

Salariat en moutons

Sylvain Gergaud, s’est installé en volailles et en moutons à Muzillac, après avoir obtenu un BPREA caprin et travaillé pendant trois ans dans les Deux-Sèvres en élevage ovin. « J’ai pris la suite de mes parents, 1 000 m2 de poulaillers et une centaine de brebis. J’ai agrandi le poulailler et mon objectif est d’atteindre 250 à 300 brebis ». La bergerie s’agrandit progressivement. Son salarié deviendra prochainement son associé.

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