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Le désherbage du maïs se réfléchit toute l’année

En abandonnant le désherbage en pré-levée systématique par des passages d’outils, Philippe Dantec a réduit ses IFT. Il réfléchit aussi tout au long de l’année à sa stratégie de lutte contre les adventices.

Les pratiques de désherbage ont peu à peu glissé à l’EARL Dantec vers des solutions alternatives, en particulier mécaniques, dans un objectif de diminution des IFT. Philippe Dantec a, par exemple, cessé d’utiliser des solutions chimiques de pré-levée pour son maïs, au profit d’actions mécaniques. Ce changement dans l’itinéraire technique a été rendu possible grâce à la participation à un groupe Dephy, et aux actions du Gab 29 et du bassin versant de l’Élorn qui proposent depuis quelques années de désherber mécaniquement ses parcelles tout en gardant un filet de sécurité chimique quand les conditions météorologiques ne sont pas au rendez-vous. La participation à un groupe Dephy donne aussi matière à réflexion.

Des actions tout au long de l’année

Mais la lutte contre l’enherbement des cultures ne se cantonne pas seulement au printemps, des actions sont menées tout au long de l’année. « La rotation est composée de 2 maïs et de 2 céréales, avec quelques fois du colza. Je pratique aussi des échanges parcellaires avec des producteurs de pomme de terre », explique l’agriculteur basé à Saint-Urbain (29). Dès l’été, le Finistérien se préoccupe des levées d’adventices par un déchaumage après moisson, une semaine après la récolte des céréales. « C’est une façon de faire un faux semis. Puis, les couverts végétaux sont implantés au combiné, ce qui détruit encore les jeunes mauvaises herbes qui ont germé ».

Tout se joue dans la date du semis du couvert, le producteur ne souhaite pas l’implanter trop tôt : un semis précoce conduit à une sénescence prématurée des végétaux au printemps. « Si le couvert laisse passer trop de lumière, la place est prise par les adventices ». Il en est de même pour les dates de destruction, le couvert végétal doit rester le plus longtemps possible en place. Cette année, une période météorologique a été favorable dès février pour la destruction de ces végétaux, mais le producteur fait le choix de détruire ses couverts plus tard dans la saison. « Une destruction précoce est facilement réalisable en cas de labour. Mais dans mon cas, j’ai choisi de ne plus charruer. Si je casse trop tôt mes couverts, je laisse la place aux pâturins », constate-t-il.

Pas de végétaux ligneux

Le choix des espèces végétales semées pour passer l’hiver est crucial. Ainsi, le producteur préfère opter pour de la phacélie, de l’avoine diploïde ou du trèfle d’Alexandrie, détruits à la fin mars. « Je ne sème plus de trèfle avec de la moutarde, cette dernière étouffant la légumineuse ».

En avril, les épandages de matières organiques sont suivis d’un enfouissement, qui « agit comme un déchaumage, ou plutôt comme un faux semis ». Les semis de maïs ont été réalisés autour du 4 mai, à 5 cm de profondeur pour être à l’abri des attaques des choucas des tours, des pigeons et des passages de houe rotative. Cet outil est passé sur la parcelle au 15 mai, suite à un épisode pluvieux de 40 mm (voir encadré). Par la suite, les cultures ont été nettoyées par l’application d’herbicides au stade 4 feuilles du maïs, à un moment ou le maximum d’adventices sont levées. La bineuse terminera si nécessaire ce programme de désherbage.

Baisser ses IFT est un défi
Philippe Dantec fait partie du réseau Dephy-Ferme Nord- Finistère, composé de 13 exploitations engagées volontairement sur 5 ans. Accompagné par la Chambre d’agriculture, ce groupe a réussi à réduire ses doses de solutions chimiques par du désherbage mécanique, des observations et des adaptations de terrain à la situation. Depuis 2016, l’IFT herbicide maïs a baissé de 29 %, passant d’une moyenne de 1,84 à 1,31.

La houe est avant tout une écroûteuse

Vers la mi-mai et après les semis, un épisode pluvieux de 40 mm a bien tapé le sol. Le passage de houe a eu la double fonction de désherber et de casser la croûte de battance qui s’était formée. Les secteurs finistériens de Lannilis, Mespaul, Plouédern, La Martyre et Dirinon ont particulièrement été touchés, et « pour les parcelles semées avant le 8 mai », précise Emmanuel Donval, gérant de l’ETA de l’Élorn. Les cultures ont bel et bien germé, mais les croûtes de battance empêchaient la levée. « L’écroûtage a été efficace, les jeunes plants ont ainsi pu repointer ».

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