Economie, marchés et gestion

Des signaux favorables en lait

Les pronostics sont toujours difficiles en termes de marchés agricoles, mais les clignotants sont cependant au vert pour la filière laitière. « Les stocks d’intervention de poudre de lait écrémé (PLE) européens ont aujourd’hui disparu et la production laitière est peu dynamique dans les bassins exportateurs. En Nouvelle-Zélande, la production chute fortement en mars-avril. Aux USA, la collecte baisse pour la 1re fois depuis 6 ans », a synthétisé Benoît Rouyer, directeur économie du Cniel, à l’occasion de l’assemblée générale de l’APLBL (association de producteurs Lactalis sur l’Ouest, comptant 1 750 adhérents).

Hausse de la poudre de lait écrémé

« En Europe, depuis mars, la production repart assez mollement. La dynamique est plus forte au Royaume-Uni, en Pologne et surtout en Irlande. En France, la collecte en recul en début d’année colle désormais à la production de 2018. Alors que la Bretagne, la Normandie et les Hauts-de-France progressent sur 2019, la collecte chute partout ailleurs en France, du fait d’arrêts de producteurs et du manque d’eau. »
Autres paramètres intéressants dans l’équation, les bons prix du beurre et la tendance haussière de la PLE. Enfin la loi Égalim établit la prise en compte des coûts de production dans les négociations. Par ailleurs, alors que le marché s’accroît surtout dans les pays émergents, « notre différentiel de compétitivité s’estompe avec des concurrents tels que la Nouvelle-Zélande. » D’un autre côté, les incertitudes liées au Brexit préoccupent. « Le Royaume-Uni absorbe 3 % de notre collecte. Avec la dépréciation de la livre sterling, ce marché est d’ores et déjà moins rémunérateur… »

Pour l’économiste, l’enjeu numéro 1 est la création de valeur. « En 2015 et 2016, seuls 22 % du revenu courant/UTA dégagé par l’atelier lait atteint ou dépasse le salaire net médian français de 1 800 €/mois. » Outre les signes de qualité, les produits naturels, bio, éthiques ou environnementaux développés par les industriels, il est intéressant de bâtir un socle collectif sur le pâturage et le non-OGM. « En Allemagne, 50 % du lait est non-OGM et aux Pays-Bas, 80 % répond au cahier des charges sur le pâturage. »

Lactalis promet 100 % de « ruissellement »
Lactalis s’engage aussi dans la segmentation, projetant d’avoir plus de 400 millions L en non-OGM d’ici fin 2019. « En 2020, nous visons 20 % de la production sous signe de qualité », a déclaré Fabien Choiseau, directeur des approvisionnements lait Lactalis France. « L’entreprise s’engage aussi à faire « ruisseler » vers les producteurs 100 % de la hausse négociée auprès de la grande distribution. Nous ferons le bilan en fin d’année. » Alors que Fabrice Deshayes, président de l’APLBL, souligne que « les coûts de production doivent être pris en compte dans les prix aux producteurs ». Fabien Choiseau rétorque que ces derniers doivent aussi tenir compte du marché. « La question est : comment ne pas perdre en compétitivité en France et à l’international ? »
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