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Un roto équipé pour tourner à bon rythme

Au Gaec des Vosgelins, à Andouillé-Neuville (35), un pistolet de nettoyage des trayons et des faisceaux gérant l’hygiène post-traite permettent de traire enfin seul au roto et de gagner du temps.

Au Gaec des Vosgelins à Andouillé-Neuville (35), l’installation du manège de traite il y a 6 ans « pour gagner en débit » a été vécue comme un petit soulagement. Auparavant, il fallait compter 6 heures pour traire deux fois par jour les 150 laitières dans la 2 x 8 postes sortie rapide. Avec ce roto 28 postes, le temps de traite du troupeau actuel de 200 laitières a été réduit « autour de deux heures, lavage compris ». La possibilité de ralentir la vitesse de rotation de la plateforme et le plancher mobile qui s’adapte à la taille des trayeurs ont apporté un supplément de confort.

Éternelle question de l’hygiène en roto extérieur

Pour autant, avec un manège de traite extérieure, demeure la question de l’hygiène en fin de traite. « Au début, nous pensions nous passer du post-trempage », se rappellent les associés. Mais les soucis de mammites n’ont pas tardé et le retour de la désinfection des trayons après la dépose des faisceaux a vite porté ses fruits.
Jean-Yves Gautier détaille alors l’organisation : « À l’entrée des animaux, avant la pose des gobelets trayeurs, je commençais par un prétrempage puis un essuyage papier. Nous réalisions donc ensuite un postrempage à la sortie. Nous étions donc toujours deux opérateurs alors qu’il n’y avait pas vraiment du travail pour deux. » C’était assez compliqué à mettre en œuvre : « Il ne fallait pas faire tourner le roto trop vite. Il arrivait de devoir l’arrêter. Il y avait deux gobelets avec deux produits différents à gérer… » Mais les résultats étaient là : 45 mammites détectées en 2018 pour 200 vaches.

Bavettes en silicone et solution désinfectante

Cependant en décembre dernier, la routine de traite a été simplifiée grâce à de nouveaux équipements. Les faisceaux installés par ADF Milking France ont ainsi la capacité de tremper les trayons à la fin de la traite juste avant la dépose puis de désinfecter les manchons après chaque vache. « En ayant délégué l’hygiène, nous perdons moins de temps : désormais, nous n’arrêtons plus le roto et c’est plus agréable. »

À l’intérieur du pistolet, deux jeux de bavettes silicone.

Et puis, en janvier, un autre matériel est apparu dans l’espace du trayeur pour faciliter le travail : « le pistolet à mamelle ». Quand les animaux entrent sur la plateforme, l’opérateur s’en saisit pour nettoyer les trayons un à un. À l’intérieur du pistolet se trouvent deux jeux de bavettes dont la rotation est actionnée par une gâchette. « Gâchette enclenchée à fond, l’outil mouille le trayon en envoyant une solution désinfectante d’acide peracétique à 0,5 %. Puis, quand je relâche partiellement, le système à l’intérieur tourne à sec pour sécher », explique l’éleveur. « C’est très efficace : en un seul passage, on trempe, on nettoie et on sèche la peau… » Certaines vaches bougent, d’autres restent impassibles. « Comme pour la pose des faisceaux », relativise l’éleveur.

Un trayeur seul et pourtant moins fatigué

Entre le pistolet de nettoyage et les faisceaux automatisant l’hygiène en sortie, « la traite désormais à un seul trayeur est moins fatigante et dure 15 minutes de moins qu’auparavant à deux opérateurs quand celui chargé du post-trempage faisait des aller-retour entre l’entrée et la sortie des animaux ! C’est important de trouver des moyens de soulager une tâche où on passe tout de même beaucoup de temps », apprécient les associés. Ces derniers estiment que la cadence de traite est passée de 85 à 110 vaches traites l’heure. « En fait, grâce à ces nouveaux outils, nous atteignons enfin le rendement qu’on nous avait annoncé à l’achat du roto », précisent-ils.

Une moindre contrainte physique

Depuis que le pistolet à mamelle est installé, je place le plancher mobile un peu plus haut pour soulager les épaules. C’est une habitude à prendre. L’outil n’est pourtant pas très lourd, mais ça reste un mouvement répétitif. C’est tout de même une contrainte physique moins dure que l’essuyage papier d’un trayon car on forçait sur le pouce pour bien nettoyer. Là, on obtient des trayons très propres en ayant juste à soutenir le pistolet. Jean-Yves Gautier, éleveur

Benoît, Maxime et Jean-Yves, trois des associés du Gaec des Vosgelins.
Benoît, Maxime et Jean-Yves, trois des associés du Gaec des Vosgelins.
Un investissement pour aujourd’hui et pour demain
Au total, l’investissement (nouveaux faisceaux, pistolet de nettoyage des trayons, pompe doseuse gérant les produits de désinfection en pré-trempage et post-trempage…) s’élève à 57 000 € HT. Pour les consommables (désinfectant, pièces d’usure), la société ADF Milking France met en place un forfait tout compris par vache et par an. Dans la notion d’amortissement, les associés intègrent l’intérêt d’une « véritable économie de main-d’œuvre » en pouvant désormais traire seul. « C’est vraiment appréciable le week-end et ça fait la différence quand nous sommes en plein chantier aux champs. Dégager du temps était indispensable à la fois pour suivre notre projet de méthanisation et préparer le futur départ en retraite de notre père », terminent Maxime et Benoît Gautier. C

Concernant le pistolet à mamelle seul, il faut compter 8 600 € HT monté. Auxquels s’ajoutent 200 annuels de consommables (bavettes silicone, courroies, peroxyde…). « Produit de prétrempage, jeux de lavettes, machine à laver… Tout compris, le coût annuel de la préparation avant-traite s’élève à plus de 1 600 € pour 100 vaches », estime François Derot d’ADF Milking. « Financé sur 7 ans, notre système revient à moins de 1 000 € pour moins de pénibilité et un trayon bien nettoyé et désinfecté avant chaque traite… »

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