À l'étranger

Les producteurs africains trinquent

Du lait importé d’Europe deux fois moins cher que le lait produit sur place. Une quinzaine de producteurs venus d’Afrique de l’Ouest ont plaidé leur cause la semaine dernière auprès des institutions européennes. Ils dénoncent une concurrence déloyale et demandent à Bruxelles de soutenir la production locale en arrêtant d’inonder leur marché de poudre de lait. Ou, comme le résume Oxfam Belgique, que l’Europe arrête « d’exporter ses problèmes ».

En 10 ans, les exportations européennes de poudre de lait, réengraissée avec de l’huile de palme, ont doublé. Dans une ville comme Bamako au Mali, 90 % du lait consommé vient de poudre de lait étrangère, européenne principalement. Et le mouvement d’exportation devrait se poursuivre, encouragé par la bonne tenue du cours du beurre qui s’accompagne d’une production de poudre que les grands bassins producteurs ont du mal à valoriser.
Quand l’Europe se félicite d’avoir vendu ses stocks de poudre, c’est en partie les producteurs de lait africains qui trinquent. Un scénario qui n’est pas sans rappeler les opérations de dégagement de bœuf européen dans les années 70, puis celles de poulet au début des années 2000.

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